Le crawl à l'ère des robots IA : mesurer, arbitrer, décider | Études techniques
Étude technique n°03

Le crawl à l'ère des robots IA

En novembre 2025, Google a sorti sa documentation du crawl du périmètre « Search » pour la publier sur un site autonome partagé avec Gemini, Vertex AI et NotebookLM. Le crawl n'est plus une affaire de référencement : c'est devenu une infrastructure mutualisée, un poste de coût, et un arbitrage juridique. Cette étude documente ce qui a changé, comment le mesurer chez vous, et ce que bloquer coûte réellement.

40 sections Sources primaires et mesures datées Lecture : 55 min Mise à jour : 1er septembre 2026
État de la page. Dernière révision le 1er septembre 2026. Ce domaine bouge vite : Google a restructuré toute sa documentation du crawl en novembre 2025, Cloudflare change ses réglages par défaut le 15 septembre 2026, et trois autorités de concurrence instruisent la même question en parallèle. Chaque affirmation est datée. Voir le journal des versions.

Dix points si vous ne lisez que ça

  1. Le crawl n'est plus un sujet Search, et Google l'a acté par sa documentation. En novembre 2025, toutes les pages sur le crawl ont quitté Search Central pour un site autonome, developers.google.com/crawling, qui liste côte à côte Search, Gemini, Vertex AI, Shopping, AdSense et NotebookLM.11 Le guide du crawl budget ne parle plus de Google mais du « produit Google que vous ciblez ».1
  2. Gary Illyes l'écrit noir sur blanc. « Googlebot n'est qu'un utilisateur de quelque chose qui ressemble à une plateforme de crawl centralisée », et « quand vous voyez Googlebot dans vos logs, vous regardez simplement Google Search ».24 A · Confirmé
  3. Le crawl n'est pas un facteur de classement. Google le déclare explicitement dans sa page « Mythes et faits sur le crawl », publiée le 18 décembre 2025 — qui tranche aussi que les 4xx (sauf 429) ne gaspillent aucun budget, que crawl-delay est ignoré, et que compresser ses sitemaps n'apporte rien.2
  4. Le web est devenu non-cacheable, et c'est le vrai levier. La part des requêtes servies depuis un cache est passée de 0,026 % à 0,017 % en dix ans.20 Sur un web dont la page mobile médiane pèse 2,3 Mo, le 304 Not Modified est le levier de crawl le plus efficace et le moins déployé.
  5. Le user-agent ne prouve rien, et les fichiers censés le corriger sont mal entretenus. Google régénère quotidiennement ses plages IP ; le fichier de Bing porte un horodatage de janvier 2024 et celui de Perplexity de février 2025. Une vérification stricte produit donc des faux négatifs mécaniques. Et le fichier googlebot.json, encore présent dans des centaines de scripts publiés, renvoie un 404.
  6. Les robots IA gaspillent massivement. Mesure Vercel × MERJ sur un mois : 34,82 % des requêtes de ChatGPT et 34,16 % de celles de Claude tombent sur des 404, contre 8,22 % pour Googlebot. Aucun des grands crawlers IA n'exécute JavaScript — Claude télécharge du JS dans 23,84 % de ses requêtes sans jamais l'exécuter.45 C · Mesuré
  7. Bloquer Google-Extended ne vous sort pas des AI Overviews. Google le documente : ce token « n'a pas de chaîne user-agent HTTP distincte » et ne pilote que l'entraînement de Gemini. Les AI Overviews sont une surface de Search, alimentée par Googlebot et gouvernée par l'éligibilité au snippet.17 C'est pourtant l'un des conseils les plus recopiés du web.
  8. Bloquer GPTBot ne vous sort pas de ChatGPT. OpenAI sépare explicitement l'entraînement (GPTBot) de la citation dans ChatGPT Search (OAI-SearchBot) : « chaque réglage est indépendant des autres ».31 Les presets WAF « bloquer les bots IA » font exactement l'erreur inverse de celle que leurs utilisateurs croient corriger.
  9. Le coût du blocage est réel, mais bien plus faible qu'on ne le dit — et il dépend de votre taille. La seule étude causale disponible (différences-en-différences échelonnées, Rutgers × Wharton) mesure −7 % de visites hebdomadaires pour les éditeurs du top 50, un effet non significatif pour les petits.47 Le chiffre de −23 % encore massivement cité provient d'une version antérieure du même papier, révisée depuis. C · Mesuré
  10. Trois régulateurs constatent simultanément le même couplage. L'Arcep en janvier 2026 : « il n'existe pas de mécanisme permettant de filtrer spécifiquement les crawlers d'IA sans entraîner des effets négatifs […] sur le référencement ».60 La CMA a imposé à Google une clause anti-représailles le 3 juin 202662, et la Commission européenne a ouvert une procédure article 102 le 9 décembre 2025 visant précisément l'impossibilité de refuser « sans perdre l'accès à Google Search ».63

Comment nous avons travaillé

Cette étude ne repose sur aucune donnée client. Tout ce qu'elle avance est soit une source primaire publique, soit une mesure tierce dont la méthodologie est publiée, soit un protocole que vous pouvez exécuter vous-même sur votre propre serveur.

Quatre niveaux de preuve sont affichés au fil du texte :

NiveauCe que ça signifieExemple dans cette étude
A · ConfirméDocumentation officielle, déclaration attribuable d'un employé identifié, ou constatation d'une autorité publique.Le crawl n'est pas un facteur de classement.2
B · Par proxyMécanisme exposé par une norme, une API publique ou une spécification technique, sans confirmation directe de l'opérateur.Le comportement d'un crawler conforme au RFC 9309 face à un 503.25
C · MesuréÉtude quantitative tierce dont l'échantillon, la période et la méthode sont publiés.Les 34,82 % de 404 de ChatGPT.45
D · HypothèseLecture plausible et argumentée, non démontrée. Signalée comme telle.L'effet indirect d'HTTP/3 sur la capacité de crawl.

Trois règles que nous nous sommes imposées

1. Aucun chiffre sans date ni périmètre. Les ratios « crawl-to-refer » qui circulent en 2026 sont spectaculaires, massivement recopiés — et se contredisent entre eux d'un facteur dix selon la source et la fenêtre. Nous n'en citons que ceux publiés directement par Cloudflare, avec leur période exacte.

2. Signaler quand la source primaire manque. Plusieurs affirmations très répandues n'ont aucune source primaire : le respect de Retry-After par Googlebot n'est documenté nulle part, la position de Google sur IndexNow n'a jamais été publiée, et ByteDance ne documente rien sur Bytespider. Nous le disons plutôt que de combler.

3. Distinguer le déclaratif du contraignant. C'est la distinction structurante de tout le domaine, et elle est presque toujours escamotée. Un Disallow est une préférence que le robot honore s'il le veut. Un blocage par plage IP est une contrainte. Cloudflare l'écrit dans son propre billet : les signaux de contenu « expriment des préférences ; ce ne sont pas des contre-mesures techniques contre le scraping ».37

Vos anciennes références sont probablement mortes

La migration de novembre 2025 a déplacé l'intégralité de la documentation du crawl de /search/docs/crawling-indexing/ vers /crawling/docs/. La plupart des anciennes URL redirigent — mais pas toutes : la page sur le cache HTTP, /search/docs/crawling-indexing/http-caching, renvoie aujourd'hui un 404 sans redirection. Son contenu ne survit que dans un billet de blog de décembre 2024.20 Toutes les références de cette étude utilisent les URL actuelles.

Le fil rouge

Fil rouge · 1 sur 6

La question que nous suivrons d'un bout à l'autre : « dois-je bloquer les robots IA ? »

C'est la question que tout le monde pose et à laquelle presque personne ne répond honnêtement, parce qu'y répondre suppose d'avoir d'abord tranché quatre choses : qui crawle réellement chez vous, combien ça vous coûte, ce que le blocage empêche vraiment, et ce qu'il vous fait perdre. Nous allons traiter ces quatre points dans l'ordre. À la fin, vous aurez une réponse — et elle ne sera pas la même selon votre taille et votre modèle économique.

Partie I
Le crawl a changé de nature

01Novembre 2025 : Google sort le crawl du périmètre Search

Le changement le plus important de ces deux ans n'est pas un algorithme. C'est une réorganisation de documentation — et elle dit exactement ce qui a changé dans l'infrastructure.

Jusqu'en 2025, tout ce que Google publiait sur le crawl vivait dans Search Central, sous developers.google.com/search/docs/crawling-indexing/. Le crawl y était un chapitre du référencement, au même titre que les données structurées ou les sitemaps.

En novembre 2025, l'ensemble a été déplacé vers un site autonome : developers.google.com/crawling, intitulé « Google crawling infrastructure ».11 A · Confirmé La page d'accueil de ce nouveau site ne liste pas « Google Search ». Elle liste, côte à côte : Search, Gemini, Vertex AI, Shopping, AdSense, NotebookLM.

Le vocabulaire de la documentation a suivi. Le guide du crawl budget ne dit plus « pour que Google explore mieux votre site » ; il parle désormais du « produit Google que vous ciblez » — the Google product you're targeting.1 C'est une phrase de plateforme, pas une phrase de moteur de recherche.

Pourquoi cette migration compte plus qu'une mise à jour d'algorithme

Une entreprise ne réorganise pas sa documentation par esthétique. Elle le fait quand la structure du produit ne correspond plus à la structure de la doc. Google a déplacé le crawl hors de Search parce que le crawl n'est plus au service de Search : il est au service d'une dizaine de produits, dont plusieurs sont génératifs. Toute la suite de cette étude découle de ce constat.

Ce que la migration a cassé au passage

La plupart des anciennes URL redirigent correctement. Une exception notable : /search/docs/crawling-indexing/http-caching, la page qui documentait le cache conditionnel, renvoie aujourd'hui un 404 sans redirection. Son contenu ne survit que dans le billet de blog de décembre 2024 qui l'accompagnait.20 Comme nous le verrons en section 20, c'est précisément le levier le plus efficace du domaine qui a perdu sa page de référence.

Conséquence pratique immédiate : toute documentation interne, tout audit, tout article de blog antérieur à novembre 2025 pointe vers des URL au mieux redirigées, au pire mortes. Si vous maintenez une base de connaissances, c'est le moment de la reprendre.

SujetURL canonique actuelleDernière mise à jour constatée
Crawl budget/crawling/docs/crawl-budget22 juillet 2026
Mythes et faits/crawling/docs/myths-about-crawling18 décembre 2025
Spécification robots.txt/crawling/docs/robots-txt/robots-txt-spec2026
Navigation à facettes/crawling/docs/faceted-navigation18 décembre 2025
Réduire le rythme de crawl/crawling/docs/crawlers-fetchers/reduce-crawl-rate2026
Web Bot Auth/crawling/docs/crawlers-fetchers/web-bot-auth4 mai 2026
Cache HTTPaucune — page suppriméebillet du 9 décembre 2024

02« Googlebot n'est qu'un utilisateur d'une plateforme centralisée »

Si la migration de documentation était le signe, la confirmation explicite est venue de Gary Illyes, analyste chez Google, le 31 mars 2026 :

« Googlebot is just a user of something that resembles a centralized crawling platform. »

« When you see Googlebot in your server logs, you are just looking at Google Search. »
Gary Illyes, Google, 31 mars 202624A · Confirmé

Ces deux phrases se lisent ensemble. La première dit que l'infrastructure de crawl est mutualisée entre les produits Google. La seconde dit que le user-agent Googlebot ne représente qu'un de ces consommateurs — celui de Search.

La conséquence qui gêne : vous ne pouvez pas mesurer le crawl IA de Google

Google publie un token robots.txt nommé Google-Extended, destiné à refuser l'usage du contenu pour l'entraînement de Gemini. Mais sa documentation précise qu'il « n'a pas de chaîne user-agent HTTP distincte » — doesn't have a separate HTTP request user agent string.6 A · Confirmé

Autrement dit : Google-Extended est un token de préférence, pas un robot. Le trafic correspondant arrive dans vos logs sous les user-agents Googlebot habituels, indistinguable du crawl de Search.

Une limite méthodologique dure, à énoncer avant toute analyse de logs

Il n'existe aucun moyen d'isoler dans vos logs la part du crawl Google destinée à l'IA. Pas par user-agent, pas par IP, pas par en-tête. Toute affirmation du type « les robots IA de Google représentent X % de mon crawl » est, par construction, invérifiable. C'est aussi ce qui fonde le constat de l'Arcep en section 39 et la procédure ouverte par la Commission européenne : la mutualisation du crawl empêche l'exercice granulaire d'un droit de refus.

Le même problème existe chez les autres, sous une forme atténuée. Anthropic publie une liste d'IP unique pour ses trois agents (ClaudeBot, Claude-User, Claude-SearchBot) : l'IP prouve que la requête vient d'Anthropic, jamais qu'elle relève de l'entraînement plutôt que de la recherche.32 Seul le user-agent le dit — et le user-agent ne prouve rien (section 12).

03Capacité et demande : les deux moitiés du crawl budget

Le terme « crawl budget » n'a jamais désigné une allocation. Il désigne l'intersection de deux grandeurs indépendantes, dont une seule dépend de vous.

La documentation Google en donne la définition en deux temps.1 A · Confirmé

Limite de capacité (crawl capacity limit)Demande d'exploration (crawl demand)
Ce que c'estLe plafond que Google s'impose pour ne pas dégrader votre serveur : « limite la durée totale pendant laquelle votre serveur maintient des connexions ouvertes pour Google »Le besoin propre de Google d'aller chercher vos URL
Ce qui la fait monter« Si le site répond de façon constante et que ses temps de réponse (latence et TTFB compris) restent stables ou s'améliorent, la limite monte »Inventaire perçu, popularité des URL sur le web, obsolescence du contenu indexé
Ce qui la fait baisserLatence en hausse, erreurs 5xx, signaux de limitation 429Contenu qui ne change pas, faible popularité, faible qualité relative
Votre marge d'actionRéelle et directe : infrastructure, cache, temps de réponseIndirecte : Google la qualifie d'« inventaire perçu », « le facteur que vous pouvez le plus contrôler positivement »

Deux précisions structurelles, rarement citées et lourdes de conséquences :

1. Le périmètre est le nom d'hôte, pas le domaine. « L'infrastructure de crawl de Google définit un site comme un nom d'hôte unique » : blog.example.com et www.example.com ont des demandes séparées. Mais — et c'est la nuance — « la limite de capacité de crawl est partagée entre tous les crawlers ». Un sous-domaine saturé pénalise donc les autres.

2. Le rendu compte autant que la requête. « Le temps passé à rendre la page compte autant que le temps passé à la demander ».2 Une page légère à télécharger mais lourde à rendre consomme autant de capacité qu'une page lourde. C'est le seul endroit de la documentation où le JavaScript entre explicitement dans l'équation du crawl.

Les deux seuls leviers d'augmentation reconnus par Google

La documentation n'en cite que deux, et elle est catégorique : « ajoutez des ressources serveur » et « optimisez la qualité de votre contenu pour le produit Google que vous ciblez ». Tout le reste — maillage, sitemaps, fréquence de publication — agit sur la répartition du crawl, jamais sur son volume.1

04Trois seuils officiels, et ils ne disent pas la même chose

« Suis-je concerné par le crawl budget ? » est la première question à trancher, et Google y a répondu trois fois, de trois manières incompatibles.

SourceDateSeuil énoncé
Billet What crawl budget means for Googlebot11016 janvier 2017« Si un site a moins de quelques milliers d'URL, la plupart du temps il sera exploré efficacement »
Aide Search Console (rapport d'exploration)18Site de moins de 1 000 pages : le rapport n'est pas un sujet
Guide crawl budget actuel122 juillet 20261 million+ de pages uniques à changement hebdomadaire, ou 10 000+ à changement quotidien, ou beaucoup d'URL en « Découverte, actuellement non indexée »

Google désamorce partiellement la contradiction dans le guide actuel : « Les chiffres donnés ici sont une estimation grossière destinée à vous aider à classer votre site. Ce ne sont pas des seuils exacts. » Et il ajoute la phrase que la moitié des lecteurs devrait prendre au mot :

« Si votre site n'a pas un grand nombre de pages qui changent rapidement, ou si vos pages semblent explorées le jour même de leur publication, vous n'avez pas besoin de lire ce guide. »
Google, Crawl budget management for large sites1A · Confirmé

Le critère qui vaut mieux que les trois seuils

Les seuils en volume sont des raccourcis. Le critère opérationnel est un délai : combien de temps s'écoule entre la publication d'une page qui compte et son premier crawl ? Si la réponse est « quelques heures », le crawl n'est pas votre problème, quel que soit le nombre de vos URL. Si la réponse est « je ne sais pas », votre premier chantier n'est pas d'optimiser le crawl mais de le mesurer — c'est l'objet de la partie III.

Le troisième critère de Google mérite d'être souligné parce qu'il est le seul qui ne soit pas volumétrique : une proportion importante d'URL en « Découverte, actuellement non indexée ». Ce statut signifie que Google connaît l'URL et a choisi de ne pas aller la chercher. C'est le symptôme le plus direct d'une demande d'exploration insuffisante, et il est lisible gratuitement dans Search Console.

05Le crawl n'est pas un signal de classement

C'est la phrase la plus importante du domaine, et elle vient de Google. Elle invalide à elle seule une bonne partie de ce qui se vend comme « optimisation du crawl budget ».

« Améliorer votre rythme d'exploration n'aboutira pas nécessairement à de meilleures positions dans les résultats de Google Search. Google utilise de nombreux signaux pour classer les résultats et, si l'exploration est nécessaire pour qu'une page figure dans les résultats de recherche, ce n'est pas un signal de classement. »
Google, Myths and facts about crawling, 18 décembre 20252A · Confirmé

La formulation n'est pas nouvelle. Gary Illyes écrivait déjà le 16 janvier 2017 : « Un rythme d'exploration accru n'aboutira pas nécessairement à de meilleures positions dans les résultats. »110 Neuf ans plus tard, Google a jugé nécessaire de créer une page entière de démenti — ce qui en dit long sur la persistance du mythe.

Ce que le crawl conditionne réellement

Le crawl est une condition nécessaire et non suffisante. Il conditionne trois choses, et seulement trois :

  • L'éligibilité. Une page jamais crawlée ne peut pas être indexée, donc ne peut pas être classée, donc ne peut pas être citée dans un AI Overview. La chaîne est stricte.
  • La fraîcheur. Le délai entre une modification et sa prise en compte est exactement le délai de recrawl. C'est le seul endroit où le crawl a un effet business directement mesurable, et il est décisif pour la presse, l'e-commerce à stocks variables et les sites d'annonces.
  • La persistance. Une page non indexée et non recrawlée finit par sortir du champ de vision de Google. La meilleure mesure publiée sur ce point vient d'Indexing Insight : sur 1,4 million de pages réparties sur 18 sites, au-delà de 190 jours sans recrawl, une page non indexée a environ 90 % de probabilité de basculer en « URL inconnue de Google ».108 C · Mesuré
Le raccourci « Core Web Vitals → crawl budget » n'a aucune source

Ce que Google fait dépendre de la capacité de crawl, c'est le temps de réponse serveur — latence et TTFB. INP, LCP et CLS n'apparaissent nulle part dans la documentation du crawl. Et la page des mythes ajoute une nuance décisive : « nous pourrions consacrer plus de temps à explorer un site qui a des informations plus importantes, même s'il est plus lent ». Puis : « Il est probablement plus important pour vous de rendre votre site plus rapide pour vos utilisateurs que de le rendre plus rapide pour augmenter votre couverture d'exploration. »2

Un ordre de grandeur pour finir de relativiser

Lors du procès antitrust USA v. Google, en octobre 2023, Pandu Nayak, vice-président Search, a indiqué sous serment que l'index web de Google contenait de l'ordre de 400 milliards de documents, tandis que le volume crawlé se compte en milliers de milliards de pages — le chiffre exact ayant été caviardé.114 A · Confirmé

Le rapport entre les deux est le meilleur argument sourcé sur un point simple : crawler n'est pas indexer, et l'essentiel de la sélection se joue après le crawl, pas pendant.

Partie II
Le nouveau paysage des robots

06Qui crawle réellement, en 2026

Avant de décider quoi bloquer, il faut savoir ce qui frappe. Le paysage s'est densifié en trois ans, et il n'est plus lisible sans une taxonomie.

Deux mesures de volumétrie, de sources indépendantes, donnent l'ordre de grandeur.

Vercel × MERJ, décembre 2024 — sur un mois, sur le réseau Vercel (dont nextjs.org et deux sites d'annonces d'emploi) : Googlebot 4,5 milliards de récupérations, GPTBot 569 millions, Claude 370 millions, AppleBot 314 millions, PerplexityBot 24,4 millions. Cumul des crawlers IA ≈ 1,3 milliard, soit environ 28 % du volume de Googlebot.45 C · Mesuré

Botify, avril 2026 — sur 7 milliards d'événements de log collectés de novembre 2024 à mars 2026, sur une fenêtre glissante de 30 jours : Google 18,2 milliards d'événements, Bing 5,49 milliards, OpenAI tous bots confondus 887 millions, soit environ un vingtième de Google.107 C · Mesuré

Deux mesures, deux résultats — et c'est normal

28 % chez Vercel, 5 % chez Botify. L'écart ne signifie pas qu'une des deux mesures est fausse : elles portent sur des panels différents, à des dates différentes, avec des périmètres de bots différents. C'est exactement pourquoi aucun chiffre de ce domaine n'est transposable à votre site. La seule volumétrie qui vaut pour vous est celle de vos propres logs, et c'est l'objet de la partie III.

La liste des agents à connaître

OpérateurAgentFinalité déclaréeHonore robots.txt ?
GoogleGooglebotSearch — et par conséquent AI Overviews et AI ModeOui
Google-ExtendedToken sans user-agent : entraînement Gemini, Vertex AIOui (déclaratif)
GoogleOtherR&D interne des équipes produitOui
Google-Agent, Google-GeminiNotebookAction déclenchée par un utilisateurNon
OpenAIGPTBotEntraînement des modèles de fondationOui
OAI-SearchBotIndex de ChatGPT SearchOui
OAI-AdsBotValidation de pages publicitaires, sans entraînementOui
ChatGPT-UserAction déclenchée par un utilisateurNon
AnthropicClaudeBotEntraînementOui
Claude-SearchBotQualité des résultats de rechercheOui
Claude-UserAction déclenchée par un utilisateurNon
PerplexityPerplexityBotIndexation — « pas utilisé pour entraîner des modèles de fondation »Oui
Perplexity-UserAction déclenchée par un utilisateurNon
AppleApplebot / Applebot-ExtendedSiri et Spotlight / opt-out d'entraînement (token, ne crawle pas)Oui
Common CrawlCCBotConstitution d'un corpus publicOui
MetaMeta-ExternalAgent, FacebookBotEntraînement, aperçus de liensOui (déclaratif)
ByteDanceBytespiderNon documenté — ni page officielle, ni liste d'IPContesté

Deux entrées méritent un avertissement. anthropic-ai et Claude-Web ne figurent plus dans la documentation d'Anthropic, mais restent massivement présents dans les robots.txt du web : ce sont des directives héritées, sans effet documenté. Et Bytespider est le point noir du tableau : aucune source primaire ByteDance n'existe, la seule marque d'authenticité couramment citée étant une adresse e-mail dans la chaîne user-agent. Tous les constats de non-respect le concernant sont tiers. D · Hypothèse

07Entraînement, recherche, action : la taxonomie qui manquait

Le mot « robot IA » ne désigne rien d'utile. Il recouvre trois comportements dont les conséquences, les coûts et les leviers de contrôle sont entièrement différents.

Cloudflare a formalisé cette taxonomie le 1er juillet 2026, et c'est la meilleure disponible :39

CatégorieDéfinition CloudflareCe que ça vous fait
Search« tout comportement qui collecte ou indexe votre contenu pour pouvoir répondre à des questions à son sujet plus tard »Vous rend citable. « Les propriétaires de site devraient s'attendre à recevoir du trafic de référence ou une autre compensation équitable »
Agent« comportement automatisé qui agit, généralement en temps réel, pour le compte d'une personne » — bots de récupération conversationnelle, agents pilotant un navigateurC'est un visiteur humain médié par un outil
Training« un crawler qui prend votre contenu pour entraîner ou affiner un modèle »Aucun retour direct, aucun trafic, aucune citation garantie

La répartition mesurée est très déséquilibrée. Sur la semaine du 1er au 7 août 2025, Cloudflare mesure que le Training représente près de 80 % du crawl des robots IA, tandis que les catégories « action utilisateur » et « non déclaré » cumulent moins de 5 %.41 C · Mesuré Une mesure du mois précédent donnait 79 % d'entraînement, 17 % de recherche, 3,2 % d'actions utilisateur.105

La conséquence la plus actionnable de toute cette étude

Il n'existe pas « un blocage IA ». Bloquer les robots d'entraînement (GPTBot, ClaudeBot, Google-Extended, Applebot-Extended, CCBot) a un coût de visibilité déclaré nul par leurs propres éditeurs. Bloquer les robots de recherche (OAI-SearchBot, Claude-SearchBot, PerplexityBot, Googlebot) a un coût de visibilité documenté par ces mêmes éditeurs. La très grande majorité des robots.txt ne fait pas cette distinction, et c'est de là que viennent presque toutes les erreurs de configuration que nous verrons en section 33.

Les régulateurs ont repris cette taxonomie à leur compte. L'Arcep recommande en janvier 2026 « que des crawlers distincts et identifiables soient utilisés pour les visées spécifiques de la collecte (entraînement, recherche en ligne classique, fonctionnalité agentique) ».60 Cloudflare formule la même demande à l'adresse des éditeurs d'IA : « si une entreprise fait tourner de l'automatisation qui construit des index de recherche, agit comme agent, et collecte des données pour entraîner ses modèles, nous l'encourageons vivement à séparer cette automatisation en trois crawlers distincts ».39

08Les fetchers déclenchés par l'utilisateur : la catégorie que personne ne gère

C'est le trou dans la raquette, et il est documenté par tous les éditeurs — dans des termes presque identiques.

OpenAI — « Parce que ces actions sont initiées par un utilisateur, les règles du robots.txt peuvent ne pas s'appliquer. »

Perplexity — « Puisqu'un utilisateur a demandé la récupération, ce fetcher ignore généralement les règles du robots.txt. »

Google — « Parce que la récupération a été demandée par un utilisateur, ces fetchers ignorent généralement les règles du robots.txt. »
Documentations officielles OpenAI31, Perplexity33 et Google7A · Confirmé

Google va plus loin en l'inscrivant dans sa spécification du protocole lui-même : « Le REP ne s'applique pas aux crawlers de Google qui sont contrôlés par des utilisateurs (par exemple les abonnements à des flux), ni aux crawlers utilisés pour accroître la sécurité des utilisateurs (par exemple l'analyse de logiciels malveillants) ».3

Sont concernés : ChatGPT-User, Claude-User, Perplexity-User, Google-Agent (mobile et desktop), Google-GeminiNotebook (anciennement Google-NotebookLM), Google-Read-Aloud, Google-Pinpoint, FeedFetcher-Google.

Pourquoi c'est un arbitrage produit, pas un arbitrage SEO

Cette catégorie n'est adressable que par des leviers contraignants — pare-feu, blocage IP, authentification (section 36). Mais la bloquer revient à refuser un visiteur humain au motif qu'il utilise un outil. Un lecteur qui colle votre URL dans ChatGPT pour se la faire résumer déclenche ChatGPT-User ; le bloquer, c'est lui afficher une erreur.

C'est aussi la catégorie qui va croître le plus vite, à mesure que les agents de navigation se généralisent. Elle représente aujourd'hui moins de 5 % du crawl IA mesuré par Cloudflare — elle sera la question centrale de la prochaine étude sur ce sujet. D · Hypothèse

09Ce que les robots IA font vraiment de votre serveur

La meilleure mesure comportementale publiée sur les crawlers IA est l'étude Vercel × MERJ du 17 décembre 2024. Ses résultats devraient changer la façon dont on conçoit un site.

Résultat n°1 : aucun grand crawler IA n'exécute JavaScript

C'est le résultat le plus lourd de conséquences. ChatGPT récupère des fichiers JavaScript dans 11,50 % de ses requêtes, Claude dans 23,84 %sans jamais les exécuter. Seuls Gemini (qui tourne sur l'infrastructure Google) et AppleBot effectuent un rendu.45 C · Mesuré

Si votre site est en rendu côté client, il est invisible pour ChatGPT et Claude

Pas « mal indexé » : invisible. Le robot reçoit un squelette HTML vide et un bundle JavaScript qu'il télécharge et jette. C'est la seule recommandation technique de cette étude qui soit à la fois simple, coûteuse et non négociable : le contenu qui compte doit être dans le HTML servi. Le rendu côté serveur, la génération statique ou l'hydratation progressive ne sont plus des optimisations de performance, ce sont des conditions d'existence dans les moteurs génératifs.

Résultat n°2 : le gaspillage est massif

AgentRequêtes en 404Requêtes en redirection
ChatGPT34,82 %14,36 %
Claude34,16 %
Googlebot8,22 %1,49 %

Un tiers des requêtes des deux principaux crawlers IA porte sur des URL qui n'existent pas, contre un douzième pour Googlebot. Deux lectures possibles, non exclusives : ces robots travaillent à partir de corpus d'URL périmés, et ils fabriquent des URL par inférence plutôt que par découverte de liens. D · Hypothèse

La conséquence opérationnelle est directe : sur un site frappé par les robots IA, une part importante de la charge est consommée à produire des pages d'erreur. Si votre 404 est une page lourde générée par le CMS avec appels en base, c'est là que part votre CPU. Servir un 404 statique et léger est, dans ce contexte, une optimisation d'infrastructure réelle.

Résultat n°3 : ils ne cherchent pas la même chose

AgentRépartition par type de contenu récupéré
ChatGPTHTML 57,70 % · JavaScript 11,50 %
ClaudeImages 35,17 % · JavaScript 23,84 %
GooglebotHTML 31,00 % · JSON 29,34 % · texte 20,77 % · JavaScript 15,25 %

Ces chiffres portent sur un panel restreint et datent de fin 2024. Ils ne sont pas une norme — ils sont un point de comparaison daté, et à ce titre ils valent surtout par leurs écarts : Claude consacre plus d'un tiers de ses récupérations aux images là où ChatGPT se concentre sur le HTML.

10Le coût, mesuré

Le crawl IA n'est pas une nuisance abstraite. C'est une facture, et deux organisations l'ont chiffrée publiquement avec assez de précision pour qu'on puisse raisonner.

Wikimedia : le chiffre le plus cité, et le plus mal cité

Le 1er avril 2025, la Fondation Wikimedia publie une analyse de l'impact des crawlers sur son infrastructure. La phrase clé, verbatim :46

« Au moins 65 % de ce trafic coûteux en ressources que nous recevons pour le site provient de robots, une part disproportionnée étant donné que les pages vues totales des robots représentent environ 35 % du total. »
Wikimedia Foundation, How crawlers impact the operations of the Wikimedia projects, 1er avril 202546C · Mesuré
« 65 % du trafic de Wikipédia vient des robots » est faux

Ce n'est pas 65 % du trafic. C'est 65 % du trafic le plus coûteux en ressources — celui qui n'est pas servi par le cache de bordure et remonte jusqu'au datacenter cœur — pour ~35 % des pages vues. La nuance est tout le sujet. Le rapport de l'Arcep de janvier 2026 reprend lui-même la formulation raccourcie « 65 % de son trafic vient de robots » en note 107.60 Quand un régulateur résume imprécisément, la formule se propage.

Le mécanisme économique décrit par Wikimedia est le vrai enseignement, et il est généralisable : les crawlers font de la lecture en masse. Ils visitent les pages impopulaires autant que les populaires, et échappent donc structurellement au cache, qui est dimensionné pour les pics d'attention humaine. Leur coût marginal est très supérieur à leur part de volume. Wikimedia mesure aussi +50 % de bande passante multimédia depuis janvier 2024, et résume : « notre contenu est gratuit, notre infrastructure ne l'est pas ».

L'écosystème open source : des témoignages, pas des mesures

Plusieurs projets ont documenté publiquement des dégradations sérieuses en 2025 :545556

  • SourceHut — Drew DeVault : « de 20 à 100 % de mon temps, une semaine donnée, à atténuer des crawlers LLM hyper-agressifs à grande échelle », avec « des dizaines de brèves interruptions par semaine ».
  • KDE — GitLab rendu temporairement inaccessible aux développeurs par un crawler opérant depuis des plages IP Alibaba.
  • Fedora — blocage de tout le trafic en provenance du Brésil, après échec des mitigations plus fines.
  • GNOME — déploiement d'Anubis, un dispositif de preuve de travail imposé avant tout accès.

Certains mainteneurs rapportent jusqu'à 97 % de leur trafic issu de robots d'entreprises d'IA. C'est un chiffre de mainteneur, non audité : nous le citons comme témoignage, pas comme mesure. D · Hypothèse

Le patrimoine culturel connaît le même phénomène : le GLAM-E Lab a enquêté en 2025 sur la mise hors ligne d'institutions patrimoniales par la seule charge de crawl.53

Fil rouge · 2 sur 6

Première pièce du dossier « dois-je bloquer ? » : le coût.

Il est réel, il est documenté, mais il est concentré sur un profil très particulier de sites : ceux qui exposent un très grand nombre d'URL peu consultées, dont le cache ne protège donc pas. Wikipédia, un dépôt de code, une archive patrimoniale, un catalogue à facettes. Si votre site fait quelques centaines de pages servies par un cache, la charge du crawl IA est un non-sujet, et la réponse à la question du fil rouge ne viendra pas de là. Elle viendra de ce que le crawl fait de votre contenu, pas de ce qu'il coûte.

11L'asymétrie entre ce qu'on prend et ce qu'on rend

Le ratio « crawl-to-refer » est devenu l'argument central du débat public. C'est aussi le chiffre le plus maltraité du domaine.

Sa définition, publiée par Cloudflare : le nombre de requêtes d'un user-agent avec un Content-type: text/html, divisé par le nombre de requêtes HTML dont l'en-tête Referer contient un nom d'hôte de la plateforme.106

L'avertissement que Cloudflare publie et que personne ne reprend

Verbatim : « Le trafic référé par l'application native de Claude n'inclut pas d'en-tête Referer, et nous pensons qu'il en va de même pour le trafic généré depuis d'autres applications natives. Par conséquent… ces calculs peuvent surestimer les ratios respectifs, mais on ne sait pas de combien. »106

Un ratio de 50 000:1 peut donc être un ratio de 5 000:1 dont on ne mesure pas le dénominateur. Cela ne le rend pas faux — cela le rend non comparable dans le temps à mesure que l'usage bascule vers les applications natives.

Les séries publiées par Cloudflare, sur une cohorte de clients fixe, de janvier à juillet 2025 :105

PlateformeJanvier 2025Juillet 2025
Anthropic286 930:138 065:1
OpenAI1 217:11 091:1
Perplexity54:1194:1
Google3,8:15,4:1

Et par verticale, sur la semaine du 1er au 7 août 2025 : Anthropic affiche 50 000:1 en global mais 2 500:1 sur le secteur « News & Publications » ; OpenAI 887:1 en global, 152:1 sur le même secteur.41 C · Mesuré

Un facteur 20 selon la verticale : le ratio global n'a aucune valeur prescriptive

Le même opérateur passe de 50 000:1 à 2 500:1 selon le secteur observé. Citer un ratio global pour justifier une décision sur votre site n'a donc pas de sens. Et les ratios 2026 qui circulent sont contradictoires entre eux : deux valeurs pour Anthropic, ~4 580:1 et ~11 122:1, sont toutes deux attribuées à Cloudflare Radar par des sources différentes. Nous n'en citons aucune. Le seul point stable dans le temps est Google, autour de 5:1.

Un dernier indicateur, plus parlant que les ratios parce qu'il porte sur l'aval : TollBit mesure sur ses éditeurs clients un taux de clic depuis les plateformes IA passant de 0,8 % à 0,48 % puis 0,27 % sur les deuxième, troisième et quatrième trimestres 2025.48 À prendre avec la réserve qui s'impose : l'échantillon n'est pas publié et les éditeurs concernés sont clients d'un vendeur de solutions de péage pour robots. C · Mesuré

Partie III
Mesurer chez vous

12Le user-agent ne prouve rien

C'est le point de départ obligatoire, et celui que la plupart des analyses sautent. Tant qu'on ne l'a pas traité, on ne mesure pas le crawl : on mesure des déclarations.

Le champ User-Agent est une chaîne de caractères librement choisie par le client HTTP. N'importe quel script peut envoyer Googlebot/2.1 ou ClaudeBot/1.0. Toute métrique construite sur ce seul champ est donc, littéralement, une métrique de ce que les robots disent être.

Google impose pour cette raison une vérification, et la documente en quatre étapes.8 A · Confirmé

ÉtapeCommandeContrôle
1. Reverse DNShost 66.249.66.1
2. Vérifier le domaineLe nom obtenu doit se terminer par googlebot.com, google.com ou googleusercontent.com
3. Forward DNShost crawl-66-249-66-1.googlebot.com
4. ComparerL'IP renvoyée doit être identique à l'IP de départ

Cette méthode est le forward-confirmed reverse DNS. Les motifs d'hôtes valides documentés par Google sont crawl-***-***-***-***.googlebot.com, geo-crawl-***-***-***-***.geo.googlebot.com, ***-***-***-***.gae.googleusercontent.com et google-proxy-***-***-***-***.google.com.

En pratique, sur un volume de logs réel, la résolution DNS par requête est trop lente. La méthode opérationnelle est la correspondance d'IP contre les fichiers de plages publiés — que nous traitons en section suivante — avec le DNS en repli pour les opérateurs qui ne publient rien.

Le taux d'usurpation est un résultat en soi

Marquez chaque ligne de log de deux attributs : bot_declared, tiré du user-agent, et bot_verified, tiré de la vérification IP ou DNS. L'écart entre les deux n'est pas un déchet de traitement : c'est votre taux d'usurpation par agent, et il vaut d'être publié dans votre rapport. C'est aussi le seul chiffre qui vous dise si vos règles de blocage par user-agent servent à quelque chose.

13Les fichiers de plages IP, et leurs trois pièges

Les opérateurs sérieux publient leurs plages en CIDR, dans des fichiers JSON. Voici les URL exactes, vérifiées.

OpérateurFichierHorodatage constaté
Googledevelopers.google.com/static/crawling/ipranges/common-crawlers.json31 août 2026 — régénéré quotidiennement
…/ipranges/special-crawlers.jsonquotidien
…/ipranges/user-triggered-fetchers.jsonquotidien
gstatic.com/ipranges/goog.json (tout l'AS15169)quotidien
OpenAIopenai.com/gptbot.json
openai.com/searchbot.json
openai.com/chatgpt-user.json
Anthropicclaude.com/crawling/bots.json18 août 2026
Applesearch.developer.apple.com/applebot.json31 juillet 2026 — 33 préfixes
Bingbing.com/toolbox/bingbot.json3 janvier 2024 — 28 préfixes IPv4, aucun IPv6
Perplexityperplexity.ai/perplexitybot.json7 février 2025
Common Crawlindex.commoncrawl.org/ccbot.jsonIPv4 uniquement

Piège n°1 — le fichier que vos scripts référencent n'existe pas

googlebot.json renvoie un 404

Le nom historique googlebot.json est mort. Le fichier actuel s'appelle common-crawlers.json. Or des centaines de scripts et d'articles publiés pointent encore vers l'ancien nom. Un script qui échoue silencieusement sur un 404 et retombe sur la vérification par user-agent produit une analyse fausse sans lever la moindre alerte. Faites échouer bruyamment votre récupération de fichier : c'est la seule protection.

Piège n°2 — la fraîcheur est très inégale, et produit des faux négatifs

Google régénère ses fichiers tous les jours. Le fichier de Bing porte un creationTime de janvier 2024, celui de Perplexity de février 2025. Une correspondance stricte IP↔JSON sur ces deux opérateurs produit donc mécaniquement des « bot non vérifié » sur des requêtes parfaitement légitimes.

Pour Bing, le repli documenté est le reverse DNS vers search.msn.com, plus l'outil public de vérification.95 Pour Perplexity, il n'existe pas de repli officiel.

Règle à implémenter : votre pipeline doit lire le champ creationTime de chaque fichier et lever une alerte si un fichier n'a pas bougé depuis un délai que vous fixez. Sans ce contrôle, votre vérification se dégrade silencieusement au fil des mois.

Piège n°3 — ces plages sont du cloud loué

Les préfixes d'Anthropic et de Perplexity résolvent vers GCP, Azure ou AWS, pas vers un système autonome opéré par l'éditeur. La liste est donc une déclaration d'appartenance, pas une preuve réseau indépendante.

Anthropic déconseille d'ailleurs explicitement le blocage par IP, au motif qu'il empêche le robot de lire le robots.txt et donc de respecter vos préférences.32 L'argument est recevable et mérite d'être pesé : bloquer au niveau réseau, c'est renoncer au canal déclaratif.

L'horizon : la vérification cryptographique

Google documente depuis le 4 mai 2026 Web Bot Auth, décrit comme « un protocole cryptographique expérimental utilisé pour authentifier les requêtes envoyées par des bots », permettant aux agents de « signer cryptographiquement leurs requêtes » plutôt que de s'appuyer sur « des en-têtes auto-déclarés et des adresses IP ».9 Le mécanisme repose sur HTTP Message Signatures (RFC 9421)26, avec des clés publiques exposées sur agent.bot.goog/.well-known/http-message-signatures-directory et un en-tête Signature-Agent.

Google assortit sa propre documentation de trois réserves : « tous les user-agents Google n'utilisent pas Web Bot Auth », « Google ne signe pas encore chaque requête des agents utilisant le protocole », et la spécification IETF « peut évoluer ». Il faut donc conserver un repli par IP. Cloudflare utilise le même socle pour ses signed agents.43 B · Par proxy

14Ce qu'il faut journaliser

Le Combined Log Format standard, celui que vous avez par défaut, est insuffisant. Il lui manque précisément les deux champs qui permettent d'interpréter le comportement d'un crawler.

Ce qui manque : le temps de réponse — or c'est la grandeur qui pilote la capacité de crawl (section 03) — et le statut de cache, sans lequel un temps de réponse n'est pas interprétable.

Configuration nginx

log_format seo '$remote_addr $time_iso8601 "$request" $status $body_bytes_sent '
               '"$http_referer" "$http_user_agent" '
               'rt=$request_time urt=$upstream_response_time '
               'cache=$upstream_cache_status host=$host scheme=$scheme';
  • $request_time — temps total de traitement, résolution milliseconde
  • $upstream_response_time — temps applicatif seul, ce qui permet de distinguer une lenteur PHP d'une lenteur réseau
  • $upstream_cache_statusHIT / MISS / BYPASS, indispensable pour savoir si le temps de réponse que voit le robot est celui de votre application ou celui de votre cache
  • $host — obligatoire dès qu'il y a plusieurs noms d'hôtes, puisque le crawl budget se calcule par nom d'hôte

Une technique Apache qui divise la volumétrie

Isoler le trafic robot dans un fichier dédié dès l'écriture, plutôt que de filtrer après coup :89

SetEnvIf User-Agent ".*bot*" seobot
CustomLog "|/usr/sbin/rotatelogs /path/seo.log.%Y-%m-%d 604800" variables env=seobot
Ce filtre perd exactement les agents qui vous intéressent

Il capte tout ce qui contient « bot » dans son user-agent — y compris les usurpateurs, ce qui est utile pour les compter. Mais il perd tout agent dont le nom n'en contient pas. Claude-User, ChatGPT-User et Perplexity-User — c'est-à-dire toute la catégorie « action utilisateur » de la section 08 — passent au travers, ainsi que les agents qui se présentent avec une chaîne Mozilla/5.0 (compatible; …) sans le mot « bot ». Si vous utilisez cette technique, complétez l'expression avec la liste nominative des agents concernés.

Les axes d'agrégation

Croisez systématiquement : jour × bot vérifié × code HTTP × type de fichier × segment d'URL.

La segmentation par gabarit ou par répertoire est ce qui transforme un log en diagnostic. Sans elle, vous comptez ; avec elle, vous localisez. Segmentation minimale recommandée : par structure (produits, catégories, pagination, pages filtrées), par paramètre d'URL, par famille thématique.

15Le piège du CDN : vous ne voyez que ce qu'on vous a laissé voir

C'est le biais le plus grave de l'analyse de logs contemporaine, parce qu'il est invisible et qu'il produit des conclusions inversées.

Un site derrière Cloudflare, Akamai ou Fastly voit ses logs d'origine sous-compter massivement le crawl : le cache de bordure sert une partie des requêtes robot sans jamais toucher l'origine. Pire, les requêtes bloquées ou soumises à un challenge par le pare-feu applicatif n'apparaissent nulle part côté origine.

« Votre serveur ne voit que ce que Cloudflare a laissé passer. Si vous ne regardez que les logs serveur, vous pourriez ne pas voir que Googlebot a été bloqué 500 fois la semaine dernière. »
searchviu, Cloudflare for SEO and GEO88

Sont invisibles côté origine : les requêtes robot bloquées, les challenges JavaScript ou CAPTCHA échoués, les requêtes servies depuis le cache de bordure, et les requêtes soumises à limitation de débit.

La contrainte commerciale qu'il faut connaître avant de promettre une analyse

Les logs bruts de Cloudflare — Logpush, Logpull, Log Explorer — sont réservés aux offres payantes de haut de gamme. Les offres Free et Pro n'exposent pas les logs de requêtes bruts. Le repli praticable sur les petits plans est le tableau Security Events, pour vérifier qu'aucun robot légitime n'est bloqué, croisé avec les analytics GraphQL et les logs d'origine.

La règle : déclarez votre source, et ne mélangez jamais

Écrivez en tête de toute analyse si vos logs viennent de la bordure ou de l'origine, et ne comparez jamais deux périodes issues de sources différentes. Sans cette précaution, un simple changement de configuration de cache produit une « chute de crawl » entièrement fictive — et vous passerez trois semaines à chercher une cause SEO à un événement d'infrastructure.

Les taux de sous-comptage qui circulent (« parfois de moitié ») sont des ordres de grandeur d'agences, jamais des mesures publiées. Nous ne les reprenons pas.

16Rotation, rétention, RGPD

Trois contraintes matérielles qui déterminent ce que vous pourrez mesurer — et qu'il faut traiter avant de commencer.

La rotation. Les logs sont compressés et archivés. Toute analyse historique doit donc lire les archives : zcat access.log.*.gz | …. C'est trivial, mais c'est la première chose qu'on oublie, et l'oubli produit une fenêtre d'analyse silencieusement tronquée.

La rétention. La valeur par défaut de beaucoup d'hébergements mutualisés se compte en jours ou en quelques semaines. C'est insuffisant pour mesurer une fréquence de recrawl mensuelle, et très insuffisant pour mesurer un délai publication → crawl sur des pages peu visitées. Le premier acte du protocole n'est donc pas d'analyser : c'est d'allonger la rétention et de commencer à archiver. Une analyse de crawl sérieuse se prépare plusieurs semaines à l'avance.

Le cadre légal. Les logs contiennent des adresses IP : ce sont des données personnelles au sens du RGPD. La CNIL recommande pour les journaux techniques une conservation de l'ordre de six mois à un an, glissante, sauf justification particulière.91 Un archivage à des fins d'analyse SEO doit être inscrit au registre des traitements, avec une durée justifiée.

Un point que la littérature anglophone ignore complètement

Aucun des grands articles de référence sur l'analyse de logs ne mentionne le cadre de conservation. En France, c'est pourtant la première question que posera une DSI ou un DPO avant de vous donner accès. Anticipez-la : proposez une durée, une finalité écrite, et le cas échéant une pseudonymisation de l'octet final des IP pour le trafic humain — le trafic robot vérifié, lui, n'a pas ce problème puisque l'IP y est un identifiant d'infrastructure et non de personne.

17Le rapport d'exploration de Search Console : complément, jamais substitut

Gratuit, sans accès serveur, et porteur d'une information que vos logs ne contiendront jamais. Mais avec cinq limites dures qu'il faut énoncer avant de s'en servir.

Ce qu'il apporte

Trois métriques agrégées — total des requêtes d'exploration, taille totale de téléchargement, temps de réponse moyen — et quatre ventilations : par code de réponse, par type de fichier, par objectif (Discovery vs Refresh) et par type de Googlebot.18 S'y ajoute l'état de l'hôte : récupérabilité du robots.txt, résolution DNS, connectivité serveur, avec un code couleur vert / jaune (problèmes il y a plus d'une semaine) / rouge (problèmes dans les sept derniers jours).

Son apport unique : la ventilation Discovery / Refresh

Cette distinction n'existe nulle part ailleurs, et elle n'est pas reconstituable depuis vos logs : rien dans une requête HTTP n'indique si Google découvre l'URL ou vient vérifier si elle a changé. C'est la seule raison suffisante de consulter ce rapport. Barry Adams en fait un signal d'alerte : une part Discovery supérieure à environ 10 % indique que Googlebot rencontre des URL inattendues.75 D · Hypothèse

Ses cinq limites

LimiteConséquence
Propriétés racine uniquement — propriété de domaine, ou préfixe d'URL au niveau racineImpossible d'obtenir des statistiques d'exploration pour un sous-répertoire. Sur un site multi-marques en sous-dossiers, le rapport est inexploitable
90 jours glissantsAucune saisonnalité annuelle, aucune comparaison d'une année sur l'autre. Il faut archiver
Exhaustivité non garantie — « certaines requêtes peuvent ne pas être comptabilisées pour diverses raisons »Toute comparaison chiffrée logs / GSC bute sur cette réserve. On compare des tendances, jamais des totaux
Domaine courant seulement, 20 sous-domaines maximum listésUn site dont les ressources sont sur un CDN tiers verra un profil de types de fichiers biaisé
Googlebot seulementAucun robot IA tiers, et aucune séparation Google-Extended (section 02)

Une lacune que nous signalons plutôt que de la combler

Nous n'avons trouvé aucune étude publique, chiffrée et méthodologiquement sérieuse comparant les statistiques d'exploration de Search Console aux logs réels d'un même site sur une même fenêtre. Ce qui existe est qualitatif : Botify publie un diagramme de recouvrement crawlé-par-l'outil / par-les-deux / par-Google-seul, et documente que l'analyse de logs révèle des listes d'erreurs dépassant très largement le plafond d'affichage de GSC.82

C'est une lacune de la littérature, et c'est aussi une opportunité : produire cette comparaison sur un site réel, en publiant le protocole, serait un apport net. Nous l'inscrivons au journal des versions comme chantier pour une révision ultérieure de cette étude.

18Les outils, honnêtement

Panorama sans complaisance, avec les limites de chacun. Les comparatifs qui remontent en tête des résultats de recherche sont, pour l'essentiel, des pages d'affiliation : leurs tarifs et leurs statuts produits ne doivent pas être repris sans vérification chez l'éditeur.

OutilCe qu'il permetCe qu'il ne permet pas
Screaming Frog Log File Analyser78 Formats W3C, Apache, NGINX, AWS ELB, HAProxy, JSON, CSV ; gzip ; vérification des bots, moteurs et IA ; import de données de crawl pour obtenir pages orphelines et URL jamais crawlées Version gratuite plafonnée à 1 000 événements et un seul projet ; application de bureau bornée par la RAM et le disque (4 Go minimum, SSD conseillé) ; pas de flux continu ni d'alerte ; la vérification des bots allonge sensiblement l'import
Oncrawl79 Croisement crawl × logs × GSC, avec des métriques normalisées : crawl ratio, pages actives, pages orphelines, fréquence de crawl par segment Cloud payant ; exige un export régulier de logs vers FTP
Botify82 Crawl + logs + performance search, rétention 18 mois, alerting, suivi nominatif des bots IA Tarification sur devis, gamme entreprise ; le filtrage documenté se fait par user-agent, sans vérification IP décrite
JetOctopus Flux de logs en temps réel, jointure logs × crawl × positions à l'échelle du million d'URL, tarification publique Coût mensuel, dépendance à un tiers pour l'hébergement des logs
Semrush Log File Analyzer83 Prise en main immédiate, inclus dans l'abonnement 1 Go maximum par fichier, fichier non archivé, Combined Log Format uniquement, aucune vérification IP documentée
Seolyzer84 Outil français ; connecteurs PHP, Apache, Nginx, Varnish ; stockage Cloudflare, S3, Akamai, OVH ; taux de cache, pages orphelines, Discover & News, croisement GSC, API Tarification et limites de volume non documentées publiquement ; dépendance à un connecteur installé sur le serveur
GoAccess85 Gratuit, libre, terminal ou rapport HTML autoportant ; traitement incrémental avec persistance sur disque, donc pas de re-parsing Identification des bots par user-agent seul — les crawlers usurpés sont indistinguables des visiteurs ; pas de jointure avec un crawl ; pas de vérification IP
DuckDB87 SQL direct sur fichiers, locaux ou S3, sans import préalable. Le meilleur choix pour un protocole reproductible : les requêtes se versionnent Tout est à construire — parsing, vérification IP, segmentation. Aucune interface
grep / awk Reproductible, zéro dépendance, exécutable en SSH sur n'importe quel hébergement Pas de vérification IP sans script complémentaire, pas de jointure, illisible au-delà d'un certain niveau d'agrégation
Tout outil à seuil impose un échantillonnage — faites-le correctement

Sur un gros site, aucune version gratuite ne tiendra. Si vous devez échantillonner : échantillonnez par période complète, jamais par troncature de fichier, et jamais par tirage aléatoire de lignes. Un échantillon aléatoire de lignes casse le calcul des pages uniques et de la fréquence de recrawl, qui sont précisément les deux métriques qui vous intéressent.

19Les métriques qui comptent

Compter les requêtes ne sert à rien. Voici les grandeurs qui permettent de conclure, et la critique de la plus intéressante d'entre elles.

MétriqueDéfinitionCe qu'elle diagnostique
Requêtes par bot vérifié et par jouret non par user-agent déclaréLa volumétrie réelle, et le taux d'usurpation
Pages uniques vs requêtes totalesle rapport donne la fréquence de recrawl moyenneSur-crawl d'un petit ensemble, ou couverture large et superficielle
Crawl ratio79part des pages connues effectivement crawléesCouverture. Un ratio proche de 1 clôt le débat sur le crawl budget
Pages actives80pages recevant au moins une visite organiqueLe rapport pages crawlées / pages actives est la mesure du gaspillage utile
Pages orphelines81« le delta entre les pages dans la structure et les pages crawlées par Google »URL héritées, générées, ou liées uniquement de l'extérieur
Pages jamais crawléesprésentes dans le crawl outil, absentes des logsLe symptôme direct d'une demande d'exploration insuffisante
Temps de réponse médian vu par le botmédiane, pas moyenne, et distinct du temps vu par les humains à cause du cacheC'est la grandeur qui pilote la capacité de crawl
Octets transférés par botLa métrique de coût d'hébergement, la seule qui parle à une DSI

La crawl efficacy de Jes Scholz, et ses limites

Jes Scholz défend une thèse forte : le crawl budget est une métrique de vanité. Une hausse ou une baisse du volume total de crawl ne corrèle pas en soi avec la performance, et augmenter le crawl total est sans intérêt s'il porte sur des URL sans valeur ou des pages inchangées.74

Elle propose à la place la crawl efficacy : le délai entre la création ou la mise à jour d'une page pertinente et son crawl suivant par Googlebot. L'objectif est de minimiser cette fenêtre.

Deux méthodes de mesure : la primaire, différence entre l'horodatage created ou updated en base de données et l'horodatage du crawl suivant dans les logs ; et un proxy, comparaison du lastmod du sitemap avec la date de crawl remontée par l'API URL Inspection de Search Console — plafonnée à 2 000 requêtes par jour.

Quatre critiques que l'article original ne formule pas
  • Elle exige un accès base de données ET logs, plus une jointure sur URL canonique. C'est hors de portée de beaucoup de sites.
  • Elle n'est calculable que sur les pages effectivement recrawlées. Les pages jamais recrawlées sont exclues du calcul, ce qui biaise la moyenne vers le bas. Publiez la médiane, un percentile 90, et surtout le taux de pages non recrawlées dans la fenêtre — c'est ce dernier chiffre qui porte l'information.
  • Le proxy par lastmod est circulaire si votre lastmod est régénéré automatiquement à chaque déploiement.
  • Elle est indifférente à la valeur de la page. Recrawler vite une page inutile ne vaut rien. La métrique doit être segmentée par gabarit, sinon elle mesure du bruit.

Une grille de décision

SymptômeSeuilSource du seuil
Volume> 1 M d'URL uniques, ou > 10 000 à changement quotidienGoogle1
Latence de crawldélai médian publication → crawl incompatible avec le cycle éditorialScholz74
Temps de réponse> 600 ms, corrélé à une baisse des requêtes de crawlAdams75 D
Erreurs serveurprésence significative de 5xx ou 429 dans les logs botGoogle1
Part Discovery> ~10 % dans le rapport d'explorationAdams75 D
Couverturecrawl ratio faible : beaucoup de pages connues jamais crawléesOncrawl79
Indexationmasse d'URL en « Découverte, actuellement non indexée »Google1
Le contre-argument, qu'il faut savoir tenir devant un client

Si votre site fait quelques milliers d'URL, que le crawl ratio est proche de 1, que les 5xx sont nuls et que le délai publication → crawl se compte en heures, le crawl n'est pas votre problème, et toute optimisation de crawl budget est du temps facturé pour rien. C'est exactement la thèse de la métrique de vanité, et c'est la position honnête à tenir — y compris quand le client espérait autre chose.

Partie IV
Ce qui influence réellement le crawl

20Le cache conditionnel : le levier le plus efficace et le moins déployé

Un seul chiffre résume l'état du web sur ce point, et il est publié par Google.

« Le nombre de requêtes qui peuvent être servies depuis des caches locaux a diminué : il y a dix ans, environ 0,026 % du total des récupérations étaient cacheables — ce qui n'est déjà pas impressionnant ; aujourd'hui ce nombre est de 0,017 %. »
Gary Illyes, Google, Crawling December: HTTP caching, 9 décembre 202420A · Confirmé

Moins de deux requêtes sur dix mille peuvent être servies sans régénérer la page. C'est le constat le plus accablant du domaine, et il désigne directement le levier.

Ce que Google supporte, exactement

« L'infrastructure de crawl de Google supporte le cache HTTP heuristique tel que défini par le standard de cache HTTP, spécifiquement à travers l'en-tête de réponse ETag et l'en-tête de requête If-None-Match, ainsi que l'en-tête de réponse Last-Modified et l'en-tête de requête If-Modified-Since. »20

Et la recommandation d'arbitrage, verbatim : « Nous recommandons vivement d'utiliser ETag parce qu'il est moins sujet aux erreurs (sa valeur n'est pas structurée, contrairement à celle de Last-Modified). Et, si vous en avez la possibilité, définissez les deux. »

En-têteRéponse serveurRequête suivante du robotPiège
ETagidentifiant opaque de versionIf-None-MatchAucun — c'est la voie recommandée
Last-ModifiedFri, 4 Sep 1998 19:15:56 GMTIf-Modified-SinceLe format est imposé : « Weekday, DD Mon YYYY HH:MM:SS Timezone ». Une date au format ISO 8601 est ignorée silencieusement
Cache-Control: max-age« nombre de secondes attendu pendant lequel le contenu ne changera pas »Facultatif, mais « aide les crawlers à déterminer quand recrawler l'URL »

Pourquoi le 304 est le meilleur rapport effort/gain du domaine

Une réponse 304 Not Modified est sans corps HTTP. Google l'explicite : votre serveur « n'a pas à dépenser de ressources de calcul pour générer réellement le contenu » et « n'a pas à transférer le corps HTTP ». Vous économisez donc deux fois : la génération et le transfert.

Côté crawl, la documentation ajoute : « Si une page n'a pas changé depuis la dernière exploration de Google, renvoyer un code 304 dit à Google de réutiliser la version en cache, économisant la bande passante et les ressources de votre serveur », et « les crawlers de Google signalent au système de traitement suivant que le contenu est le même que lors du dernier crawl ».5

Ce que Google ne dit pas

La documentation ne dit pas que le 304 est gratuit en crawl budget. Elle dit qu'il économise bande passante et calcul serveur. Comme la limite de capacité est définie par le temps de connexion et non par les octets, le 304 reste très favorable — mais la formulation exacte compte : c'est un levier de capacité, pas un contournement de la file d'attente.

Dernière précision, sur la granularité de l'invalidation : « Notre recommandation est d'exiger un rafraîchissement du cache lors de changements significatifs de votre contenu ; si vous n'avez mis à jour que la date de copyright en bas de page, ce n'est probablement pas significatif. » Autrement dit, un ETag calculé sur un hash de la page entière — date du jour comprise — n'invalide jamais rien d'utile et vous ramène au point de départ.

21Ralentir Googlebot : des codes HTTP, pas un fichier

La méthode officielle tient en une phrase : « renvoyez un code de statut HTTP 500, 503 ou 429 au lieu de 200 aux requêtes d'exploration ».4 A · Confirmé

Assortie d'un avertissement que personne ne cite :

« Nous ne recommandons pas de faire cela sur une longue période (c'est-à-dire plus de 1 à 2 jours) car cela peut avoir un effet négatif sur la façon dont votre site apparaît dans les produits Google. »

« Si Googlebot observe ces codes de statut sur la même URL pendant plusieurs jours, l'URL peut être retirée de l'index de Google. »
Google, Reduce Google crawl rate4

C'est donc un frein d'urgence, pas un réglage. Pour une réduction durable, la seule voie est le formulaire de signalement Googlebot, dont Google indique que l'évaluation « peut prendre plusieurs jours ».

Ce qui ne marche pas

Ce qu'on essaieCe que Google en dit
Crawl-delay« La règle non standard "crawl-delay" du robots.txt n'est pas traitée par les crawlers de Google. »2
401 / 403« N'utilisez pas les codes 401 et 403 pour limiter le rythme d'exploration. Les codes 4xx, sauf 429, n'ont aucun effet sur le rythme d'exploration. »3
Le limiteur de Search ConsoleRetiré. Il n'apparaît plus dans la documentation actuelle

La sémantique complète des codes, côté crawl

CodeTraitement par Google5
403Traité comme un 404 : « les crawlers informent le système de traitement suivant que le contenu n'existe pas »
404« La fréquence d'exploration diminue progressivement », puis désindexation. Ne consomme pas de budget
410Traité comme les autres 4xx hors 429
429« Les crawlers de Google traitent le code 429 comme un signal de surcharge du serveur, et il est considéré comme une erreur serveur »
500« Google diminue le rythme d'exploration du site. La diminution est proportionnelle au nombre d'URL individuelles renvoyant une erreur serveur. » Effet au niveau du nom d'hôte entier
503Ralentissement temporaire
Retry-After : non documenté par Google

Ni la page sur la réduction du rythme d'exploration, ni celle sur les codes HTTP ne mentionnent Retry-After, que ce soit pour un 429 ou pour un 503. On ne peut donc pas affirmer que Googlebot l'honore. L'en-tête reste normalisé côté HTTP et respecté par d'autres agents, mais ce n'est pas un levier fiable sur Googlebot. Nous le signalons plutôt que de compléter le silence de la documentation.

22Les 2 Mo, et le web qui grossit

Il existe une limite dure, chiffrée, et elle est plus basse que la page médiane du web.

Gary Illyes, mars 2026 : « Googlebot récupère actuellement jusqu'à 2 Mo pour chaque URL individuelle (hors PDF)… Pour les fichiers PDF, la limite est de 64 Mo… Pour tout autre crawler qui ne spécifie pas de limite, la valeur par défaut est de 15 Mo. »103 A · Confirmé

Au-delà de la limite, les octets ne sont pas tronqués « approximativement » : ils n'existent pas. Chaque ressource liée dispose de son propre compteur de 2 Mo.

À rapprocher de l'évolution du poids des pages : la page mobile médiane est passée d'environ 816 Ko à 2,3 Mo, répartis sur plus de 60 fichiers, en dix ans.52 C · Mesuré La médiane du web se rapproche donc de la limite de récupération de Googlebot, alors que la part cacheable s'effondre.

Ces deux chiffres racontent la même histoire

0,017 % de requêtes cacheables et 2,3 Mo par page ne sont pas deux constats séparés. Ils décrivent le même phénomène : le web est devenu plus lourd et moins réutilisable en même temps. Chaque récupération coûte plus cher et sert moins longtemps. C'est cette double dégradation, et non l'arrivée des robots IA, qui explique l'essentiel de la pression sur les infrastructures. Les robots IA l'ont amplifiée, ils ne l'ont pas créée.

Une mise en perspective utile. Semrush, sur un tirage aléatoire de 150 000 sites, mesure que 1 % seulement des pages dépassent 2 Mo, et que 7 % seulement des sites présentent des chaînes ou des boucles de redirection.112 C · Mesuré Ces deux sujets occupent une place éditoriale sans commune mesure avec leur prévalence réelle. À garder en tête avant d'en faire des priorités d'audit.

23Sitemaps, lastmod, IndexNow

Le ping des sitemaps est mort, et Google a expliqué pourquoi

« Nos études internes — et aussi d'autres moteurs de recherche comme Bing — nous disent qu'à ce stade ces soumissions de sitemap non authentifiées ne sont pas très utiles. En fait, dans le cas de Google Search, la grande majorité des soumissions mènent à du spam. »
Gary Illyes, Google, Sitemaps ping endpoint is going away, 26 juin 2023102A · Confirmé

L'endpoint a cessé de fonctionner six mois plus tard et renvoie désormais un 404. La soumission reste possible par robots.txt et par Search Console. Resoumettre manuellement son sitemap tous les jours n'a jamais été documenté comme produisant un gain de crawl, et le canal automatisé qui le permettait n'existe plus.

Ce que Google dit utile : lastmod, et seulement lui

Trois citations du même billet, qui définissent exactement le contrat :

  • « Aujourd'hui lastmod est effectivement utile dans de nombreux cas et nous l'utilisons comme signal pour planifier les crawls des URL que nous avons déjà découvertes. »
  • « Il doit correspondre à la réalité de façon constante : si votre page a changé il y a sept ans mais que vous nous dites dans l'élément lastmod qu'elle a changé hier, à un moment nous ne vous croirons plus. »
  • « Quand nous disons "dernière modification", nous voulons dire "dernière modification significative". »

Et, sans ambiguïté : « Google n'utilise toujours pas du tout les éléments changefreq ou priority. »

Le lastmod automatique au déploiement détruit sa propre valeur

Beaucoup de CMS et de générateurs statiques écrivent la date du build dans lastmod, pour toutes les URL, à chaque mise en production. Le signal devient alors strictement bruité — et selon la formulation de Google, il finit par ne plus être cru. C'est la configuration par défaut la plus répandue et la plus contre-productive du domaine.

IndexNow : ce qu'on peut dire, et ce qu'on ne peut pas

Google n'a jamais publié de position officielle sur IndexNow. Ni support, ni refus. Cette absence est en soi l'information : toute affirmation sur « ce que Google fait des pings IndexNow » est une spéculation.

Bing, en revanche, publie des chiffres traçables sur la part des nouvelles URL cliquées provenant d'IndexNow : 7 % en août 2022, 12 % en septembre 2023, 18 % en décembre 2024.96 C · Mesuré Le chiffre de « 22 % en décembre 2025 » qui circule n'a pas été retrouvé sur le blog officiel de Bing ; nous ne le reprenons pas.

24Facettes et paramètres : là où se joue réellement le sujet

Si le crawl est un problème sur votre site, il y a trois chances sur quatre que ce soit ici. Le chiffre vient de Google.

Navigation à facettes : 50 %. Paramètres d'action : 25 %. Soit 75 % des problèmes de crawl rencontrés par Google en 2025.
Gary Illyes, Google, podcast Search Off the Record, 3 février 2026109A · Confirmé

Google explique pourquoi : « explorer des URL à facettes tend à coûter aux sites de grandes quantités de ressources de calcul, du fait du volume considérable d'URL et d'opérations nécessaires pour rendre ces pages », et souvent « il n'y a aucune bonne raison d'autoriser l'exploration des éléments filtrés ».10

Les cinq stratégies, avec leurs contreparties

StratégieCe que Google en ditContrepartie
Disallow sur les paramètresRecommandé, avec exemples products=, color=, size=Les URL restent indexables si elles sont liées (section 31) ; aucun signal ne remonte
Fragments #« Si votre mécanisme de filtrage repose sur des fragments d'URL, il n'aura aucun impact sur l'exploration (positif ou négatif) »Aucune facette n'est indexable — y compris celles qui auraient de la valeur commerciale
rel="canonical"« peut, avec le temps, diminuer le volume d'exploration des versions non canoniques »Effet lent et non garanti ; les URL sont quand même explorées
rel="nofollow"« peut être bénéfique » mais « exige que chaque ancre vers l'URL porte l'attribut »Une seule ancre oubliée, ou un lien externe, annule l'effet
POST au lieu de GETRend les combinaisons inatteignables par lienCasse le partage d'URL, l'historique et le retour arrière

Les règles d'hygiène quand on laisse explorer

  • Utilisez & comme séparateur. La virgule, le point-virgule et les crochets sont « difficiles à détecter comme séparateurs de paramètres par les crawlers ».
  • Renvoyez un 404 quand une combinaison de filtres ne donne aucun résultat, plutôt que de rediriger vers une page d'erreur générique.
  • Ordre de filtres logique et constant, sans doublon de filtre dans l'URL. Deux ordres différents pour le même jeu de filtres, c'est deux URL pour une page.

L'outil de paramètres d'URL est mort depuis avril 2022

Annonce du 28 mars 2022, avec sa justification chiffrée : « Au fil des ans, Google est devenu bien meilleur pour deviner quels paramètres sont utiles sur un site et lesquels sont — pour le dire simplement — inutiles. De fait, seulement 1 % environ des configurations de paramètres actuellement spécifiées dans l'outil sont utiles pour l'exploration. »22

Le remplacement officiel : « désormais vous n'avez rien à faire pour spécifier la fonction des paramètres d'URL sur votre site, les crawlers de Google apprendront automatiquement comment les traiter. » Toute méthodologie qui recommande encore de « configurer les paramètres dans la Search Console » est périmée depuis plus de quatre ans.

25Vitesse et protocoles : ce qui est documenté, et ce qui ne l'est pas

Ce que Google documente réellement sur la vitesse tient en une phrase, déjà citée en section 03 : « si le site répond de façon constante et que ses temps de réponse (latence et TTFB compris) restent stables ou s'améliorent, la limite monte ».

Ce que Google ne documente pas, et qu'il faut cesser d'affirmer :

Affirmation couranteStatut réel
« Un seuil de 300 ms de temps de réponse »Recommandation éditoriale d'un éditeur d'outil. Google ne publie aucun seuil de latence, nulle part
« Passer en HTTP/2 augmente le crawl budget »Aucune recommandation chiffrée dans la documentation crawl actuelle. Googlebot crawle en HTTP/2 depuis novembre 2020, annoncé comme sans effet sur le classement
« HTTP/3 améliore le crawl »Non documenté. L'effet, s'il existe, est indirect : moins de latence par requête → meilleure santé de crawl → capacité plus haute D · Hypothèse
« Améliorer ses Core Web Vitals améliore le crawl »INP, LCP et CLS n'apparaissent nulle part dans la documentation du crawl (section 05)
« La fréquence de crawl double au-delà de 800 ou 1 200 mots »Capture d'un rapport client unique. Aucune méthodologie publiée
« Les chaînes de redirection gaspillent le crawl budget »Google dit « effet négatif sur l'exploration », sans aucun chiffre. La seule mesure de prévalence donne 7 % des sites concernés112
La position honnête sur la vitesse

Accélérer votre serveur augmente votre plafond de capacité de crawl — c'est documenté et c'est vrai. Mais ce plafond n'est atteint que si Google veut déjà crawler plus, ce qui n'est le cas que d'une minorité de sites (section 04). Et Google le formule mieux que nous : « il est probablement plus important pour vous de rendre votre site plus rapide pour vos utilisateurs que de le rendre plus rapide pour augmenter votre couverture d'exploration ».2

Partie V
Les mythes

26Les mythes que Google a lui-même corrigés

Le 18 décembre 2025, Google a publié une page intitulée Myths and facts about crawling. C'est la source la plus dense du domaine, et elle est très peu citée en français. Voici son contenu, mythe par mythe.2 A · Confirmé

AffirmationVerdict de GoogleCitation
Améliorer le crawl améliore le classementFaux« l'exploration est nécessaire pour qu'une page figure dans les résultats, mais ce n'est pas un signal de classement »
Les pages en 4xx gaspillent du crawl budgetFaux (sauf 429)« Google a tenté d'explorer la page, mais a reçu un code de statut et aucun autre contenu »
On peut contrôler Google avec crawl-delayFaux« n'est pas traitée par les crawlers de Google »
Compresser ses sitemaps augmente le budgetFaux« Les sitemaps compressés doivent quand même être récupérés depuis le serveur. »
Google préfère les URL propres et n'aime pas les paramètresFaux« Nous savons explorer les paramètres. »
Les petits sites sont moins crawlés que les grosFaux« Si un site a du contenu important qui change souvent, nous l'explorons souvent, quelle que soit sa taille. »
Google préfère le contenu frais, donc il faut retoucher ses pagesFaux« il n'y a aucune valeur supplémentaire à faire artificiellement paraître les pages fraîches par des modifications triviales et une mise à jour de la date »
Versionner ses URL fait recrawlerEn partie vrai« fonctionnera probablement, mais souvent ce n'est pas nécessaire et cela gaspillera des ressources d'exploration si la page n'a pas réellement changé »
Les pages proches de la home sont plus crawléesEn partie vrai« peuvent être vues comme plus importantes, et donc explorées plus souvent. Cependant, cela ne signifie pas que ces pages seront mieux classées. »
Un site rapide est plus crawléEn partie vrai« nous pourrions consacrer plus de temps à explorer un site qui a des informations plus importantes, même s'il est plus lent »

Deux enseignements de méthode. D'abord, Google a jugé nécessaire de créer une page entière de démenti : c'est le signe d'un domaine où la doctrine du marché a durablement divergé de la documentation. Ensuite, la catégorie « en partie vrai » est la plus intéressante — c'est là que se logent les demi-vérités qui se transmettent le mieux, parce qu'elles reposent sur un fond exact.

27Crawl-delay : le levier fantôme

Aucune norme n'a jamais défini Crawl-delay. Le RFC 9309, qui standardise enfin le protocole d'exclusion des robots en septembre 2022 — vingt-huit ans après sa création par Martijn Koster — ne le mentionne pas.25 Il se contente d'autoriser les champs hors protocole sans les définir : « les crawlers PEUVENT interpréter d'autres enregistrements qui ne font pas partie du protocole robots.txt — par exemple, "Sitemaps" ».

Il n'existe donc aucune norme du délai entre requêtes. Ce que chacun en fait :

OpérateurPositionSource
GoogleExplicitement ignoréPage des mythes, 20252
BingHistoriquement supporté ; une valeur dans robots.txt écrase le réglage des Webmaster ToolsBillets de 2009 et 201294 — à traiter comme une recommandation héritée, pas comme un engagement actuel
AnthropicDocumente Crawl-delay: 1 comme option de limitationDocumentation crawler32 — l'un des rares éditeurs IA à le faire
« Mets un Crawl-delay pour soulager ton serveur »

C'est la recommandation la plus recopiée du domaine, et elle est strictement sans effet sur Google. Le vrai levier est le code HTTP (section 21), et il ne s'utilise que pendant un à deux jours. Elle conserve un usage résiduel sur Bing et Anthropic — ce qui n'est pas rien, mais n'est pas ce qu'on croit obtenir en l'écrivant.

28Disallow + noindex : une contradiction, pas une ceinture-bretelles

C'est l'erreur de conception la plus fréquente, et elle vient d'une intuition parfaitement raisonnable : « je bloque, et en plus je désindexe, comme ça je suis sûr ». C'est l'inverse qui se produit.

« Pour que la règle noindex soit efficace, la page ou la ressource ne doit pas être bloquée par un fichier robots.txt. »

« Si la page est bloquée par un fichier robots.txt ou si le crawler ne peut pas y accéder, le crawler ne verra jamais la règle noindex, et la page peut toujours apparaître dans les résultats de recherche. »
Google, Block search indexing with noindex15A · Confirmé

Le mécanisme est trivial une fois énoncé : noindex est une instruction dans la page. Pour la lire, il faut télécharger la page. Si vous interdisez le téléchargement, l'instruction n'est jamais lue.

Et une page bloquée par robots.txt peut parfaitement être indexée : « Une page interdite dans robots.txt peut quand même être indexée si d'autres sites y font un lien ».14 Google indexe alors l'URL nue, sans extrait.

La séquence correcte

Les deux objectifs sont antagonistes et se traitent en séquence, jamais simultanément :

  1. Pour désindexer : laisser crawler, servir un noindex, attendre la désindexation effective.
  2. Ensuite seulement, si l'objectif est d'économiser du crawl : ajouter le Disallow.

Google le rappelle d'ailleurs dans la documentation du crawl budget : bloquer les URL sans intérêt « via robots.txt (pas noindex) ».1

Et la nuance sur le coût du noindex

Deux formulations coexistent chez Google, et la seconde est plus juste que la première.

Doc crawl budget : « N'utilisez pas noindex, car Google demandera quand même la page, puis l'abandonnera en voyant la balise ou l'en-tête, gaspillant du temps d'exploration. »

Page des mythes, plus complète : « En partie vrai. Toute URL explorée affecte le crawl budget, et Google doit explorer la page pour trouver la règle noindex. Cependant… si vous retirez des URL de l'index de Google avec noindex ou autrement, les crawlers de Google peuvent se concentrer sur d'autres URL de votre site, ce qui signifie que noindex peut indirectement libérer du crawl budget à long terme. »2

29« Nettoyer ses 404 libère du budget » — et les autres réallocations imaginaires

Il existe une phrase dans la documentation de Google qui invalide, à elle seule, une famille entière de prestations vendues sous le nom d'optimisation de crawl budget.

« N'utilisez pas robots.txt pour réallouer temporairement du crawl budget vers d'autres pagesGoogle ne transférera pas ce crawl budget nouvellement disponible vers d'autres pages, sauf si Google atteint déjà la limite de capacité d'exploration de votre site. »
Google, Crawl budget management for large sites1A · Confirmé

La réallocation n'existe donc que si votre site plafonne déjà sur sa capacité. En dessous du plafond, bloquer ou supprimer ne libère rien — parce que rien n'était contraint. Or la très grande majorité des sites sont en dessous du plafond (section 04).

Ce qu'on croit gagnerCe qui est vrai
« Corriger mes 404 libère du crawl »Les 4xx hors 429 ne consomment aucun budget. Et « un code 404 est un signal fort de ne plus explorer cette URL ». La chasse aux 404 est une bonne pratique d'expérience utilisateur, pas une optimisation de crawl
« Bloquer en robots.txt fait gagner du budget »Vrai seulement si le site plafonne en capacité, si les URL sont massivement générées, et si le blocage est permanent. Google ajoute : « les URL bloquées resteront dans votre file d'exploration bien plus longtemps, et seront réexplorées quand le blocage sera levé »
« Le maillage interne augmente le crawl budget »Le maillage ne crée pas de capacité. Il réoriente l'allocation. Formulez « le maillage améliore la couverture d'exploration », jamais « augmente le budget »
« Les pages orphelines consomment du budget »Partiellement, mais mal formulé : ce n'est pas l'absence de lien qui coûte, c'est l'existence de l'URL dans la file. « Google n'oubliera pas une URL qu'il connaît »
« Le crawl budget se répartit par PageRank interne »Google ne l'écrit nulle part. Il reconnaît une corrélation avec la popularité et l'effet de profondeur, mais aucun mécanisme d'ordonnancement n'est documenté. Toute formule du type « budget ∝ PageRank » est une invention du marché D · Hypothèse
« Les soft 404 sont sans conséquence »Faux, et c'est la seule exception : « les pages en soft 404 continueront d'être explorées et gaspilleront votre budget »1

Un contrepoint académique que le marché ignore complètement

L'intuition la plus solide du domaine — « recrawler plus souvent ce qui change plus souvent » — est fausse, et c'est démontré depuis 2003.

Cho et Garcia-Molina, dans Effective Page Refresh Policies for Web Crawlers (ACM TODS, 2003), comparent trois politiques d'ordonnancement sur 720 000 pages issues de 270 sites populaires, crawlées quotidiennement du 17 février au 24 juin 1999 :97 C · Mesuré

PolitiqueFraîcheurÂge moyen du contenu indexé
Proportionnelle — recrawl ∝ fréquence de changement0,12400 jours
Uniforme — tout le monde au même rythme0,575,6 jours
Optimale0,624,3 jours

La politique intuitive est soixante-dix fois pire qu'un recrawl uniforme. L'optimum pondère fréquence de changement et importance, et pénalise les pages qui changent trop vite — parce qu'elles seront de toute façon périmées avant le crawl suivant.

Pourquoi ce papier de 2003 compte encore

Il ne dit pas ce que fait Google — il dit ce qu'un ordonnanceur rationnel devrait faire, et il montre que le raisonnement de bon sens conduit au pire résultat possible. C'est le meilleur argument disponible contre « publier plus souvent = être crawlé plus », pris comme loi générale. Le domaine est un problème d'ordonnancement sous contrainte, formalisé depuis les années 199098, pas un système de récompense.

30Les conseils morts, et les chiffres qu'il faut cesser de citer

Onze recommandations périmées encore en circulation

  1. « Configurer les paramètres d'URL dans la Search Console » — outil hors service depuis fin avril 2022.22
  2. « Mettre un Crawl-delay pour Google » — non traité.2
  3. « Utiliser le limiteur de taux de crawl de la Search Console » — retiré.
  4. « Disallow + noindex pour être sûr » — mutuellement exclusifs (section 28).
  5. « Ajouter noarchive dans la meta robots » — Google le documente comme no longer used, avec nocache et nositelinkssearchbox.16
  6. « Bloquer Google-Extended pour sortir des AI Overviews » — voir section 32, où la question est plus intéressante qu'il n'y paraît.
  7. « Bloquer GPTBot pour ne pas apparaître dans ChatGPT » — sans effet sur ChatGPT Search (section 33).
  8. « Renvoyer 403 ou 401 pour ralentir Googlebot » — aucun effet.3
  9. « Bloquer CCBot pour retirer son contenu des corpus » — effet strictement prospectif ; les archives Common Crawl déjà constituées restent.
  10. « Pinguer ses sitemaps » — endpoint supprimé (section 23).
  11. « Se référer au billet facettes de 2014 » — remplacé par la documentation de décembre 2025.

Quatorze chiffres non traçables

Nous les listons parce que les rencontrer dans un audit devrait déclencher une vérification, pas une reprise.

ChiffreProblème
« 45 % du crawl de Google est du refresh »Google publie ce partage par propriété dans Search Console, jamais de ratio global. Aucune source primaire
« Seuil de 300 ms »Recommandation éditoriale. Google ne publie aucun seuil de latence
« Le crawl double au-delà de 800 / 1 200 mots »Capture d'un rapport client unique
« Les chaînes de redirection gaspillent le budget » (quantifié)Google dit « effet négatif », sans chiffre
« +96 % de pages crawlées par Google en 2025 »C'est une mesure Cloudflare, sur des requêtes, sur son propre périmètre — régulièrement attribuée à Google104
« X % des pages ne sont pas indexées » sourcé sur AhrefsAhrefs mesure l'absence de trafic organique (96,55 % des pages), jamais l'indexation113
« −23 % de trafic après blocage »Chiffre de la v1 de Zhao & Berman, révisé à ≈ −7 % en v4 (section 38)
« 65 % du trafic de Wikipédia vient des robots »C'est 65 % du trafic coûteux en ressources, pour ~35 % des pages vues (section 10)
Taille d'échantillon de l'étude Botify de 2018Circule en deux versions incompatibles, 4 et 6 milliards de requêtes ; le document original n'est plus accessible
« IndexNow : 22 % en décembre 2025 »Non retrouvé sur le blog Bing. Dernier chiffre officiel : 18 %, décembre 202496
Ratios crawl-to-refer 2026Deux jeux contradictoires, tous deux attribués à Cloudflare Radar (section 11)
« Les bots dépasseront les humains en 2029 »Projection Cloudflare de septembre 2025, reprise par l'Arcep avec une erreur de millésime (datée 2024 en note)60, et contredite par les mesures de 2026
« 97 % du trafic d'un projet open source vient des robots IA »Témoignage de mainteneur, non audité
Montants des accords de licence de contenuQuasi tous issus de la presse citant des sources anonymes. Aucun document public
Fil rouge · 3 sur 6

Deuxième pièce du dossier : la fiabilité de ce qu'on vous raconte.

Sur les quatorze chiffres ci-dessus, plusieurs sont utilisés couramment pour justifier une décision de blocage. Avant de répondre à la question du fil rouge, il faut donc admettre que le débat public sur les robots IA est mené avec des données largement non traçables — et que les deux camps y puisent. La suite de cette étude ne s'appuiera que sur ce qui reste quand on a retiré tout ça.

Partie VI
Bloquer ou laisser passer

31Crawl, indexation, affichage : trois étages, trois leviers

La confusion la plus coûteuse du domaine tient à ce que trois questions distinctes sont traitées comme une seule.

ÉtageQuestionLevierPrérequisNature
CrawlLe robot a-t-il le droit de télécharger l'URL ?Disallow dans robots.txtaucunDéclaratif
IndexationL'URL peut-elle figurer dans l'index ?noindex, en meta ou en X-Robots-Tagl'URL doit être crawlableDéclaratif
AffichageQue peut-on montrer de la page ?nosnippet, max-snippet, data-nosnippet, max-image-previewl'URL doit être crawlableDéclaratif
AccèsLe robot obtient-il l'octet ?authentification, pare-feu, blocage IPaucunContraignant

Les règles d'affichage, et pourquoi ce sont les vrais leviers IA

Google documente une dizaine de règles applicables en balise meta robots ou en en-tête X-Robots-Tag.16 Les plus utiles ici :

  • nosnippet — « Ne pas afficher d'extrait textuel ni d'aperçu vidéo dans les résultats de recherche pour cette page. »
  • max-snippet:[nombre] — plafonne la longueur de l'extrait.
  • data-nosnippet — attribut booléen sur span, div et section, pour exclure des portions de texte de l'extrait. C'est le levier le plus fin du lot.
  • indexifembedded — autorise l'indexation d'un contenu intégré en iframe malgré un noindex.
  • X-Robots-Tag — le seul moyen d'appliquer ces règles à un PDF, une image, une vidéo ou un CSV, où l'on ne peut pas insérer de balise.

Retenez ce point, il commande toute la section suivante : ces règles d'affichage sont exactement celles qui gouvernent les AI Overviews et l'AI Mode.

32Google-Extended et les AI Overviews : la contradiction

C'est le point le plus intéressant de cette étude, parce que c'est le seul où une mesure indépendante et évaluée par les pairs contredit frontalement une affirmation officielle de Google — et où le désaccord n'est pas résolu.

Ce que Google affirme

Trois affirmations officielles, cohérentes entre elles :

« Google-Extended n'a pas d'impact sur l'inclusion d'un site dans Google Search, et n'est pas utilisé comme signal de classement. »6

« L'IA est intégrée à Search et fait partie intégrante de son fonctionnement, c'est pourquoi les directives robots.txt pour Googlebot sont le contrôle dont disposent les propriétaires de site pour gérer l'accès à leur site pour Search. »

« Pour limiter l'information affichée depuis vos pages dans Search, utilisez les contrôles nosnippet, data-nosnippet, max-snippet ou noindex. »17
Documentation Google — A · Confirmé

La lecture technique qui en découle est nette. Les AI Overviews et l'AI Mode sont des surfaces de Search, alimentées par le crawl Googlebot et gouvernées par l'éligibilité au snippet. Pour figurer comme lien de soutien dans un AI Overview, « une page doit être indexée et éligible à être affichée dans Google Search avec un extrait. Il n'y a aucune exigence technique supplémentaire. » Google-Extended, lui, ne pilote que l'entraînement de Gemini et l'usage via Vertex AI.

Conclusion attendue : bloquer Google-Extended pour sortir des AI Overviews est un non-sens technique. Les seuls leviers qui agissent sont noindex, nosnippet, max-snippet, data-nosnippet — ou Disallow sur Googlebot, ce qui revient à quitter Google entièrement.

Ce qu'une étude évaluée par les pairs a mesuré

Sauf qu'une étude acceptée à SIGIR '26, la 49e conférence ACM SIGIR, mesure autre chose.99 C · Mesuré

Méthode : 14 212 requêtes au total, dont 11 500 requêtes stables issues d'un benchmark publié (requêtes réelles ORCAS, Amazon Retail, sujets de débat, Reddit ELI5, requêtes localisées, Natural Questions). Collecte les 7 et 8 décembre 2025. Modèle de probabilité linéaire avec effets fixes par requête et erreurs types clusterisées, régressant « la source est-elle citée » sur les interactions moteur × caractéristiques du site, dont le blocage de Google-Extended. Données et code publiés.

« 21 éditeurs populaires […] n'ont jamais été cités par Gemini… nous avons constaté que tous ces sites bloquent le bot Google-Extended dans leur robots.txt. »

« Gemini et les AI Overviews sont tous deux significativement moins susceptibles de récupérer du contenu depuis les sites qui bloquent le crawler Google-Extended, alors même que les AI Overviews y ont techniquement accès. »

« Il est surprenant que cela affecte aussi les AI Overviews, étant donné que Google ne permet à un site de retirer son contenu des AIO qu'en le retirant entièrement des résultats de Google Search… les éditeurs devraient peut-être reconsidérer leur décision de bloquer Google. »
Grossman, Liu, Chen, Smith, Borcea, Chen, How Generative AI Disrupts Search, SIGIR '2699

Les 21 éditeurs concernés incluent le New York Times, ESPN, CNN, la BBC, NPR et Reuters, ainsi que Facebook, Instagram, TikTok, IMDb, Yelp et Tripadvisor.

Les limites de cette mesure, qu'il faut énoncer avant d'en tirer une conclusion
  • C'est corrélationnel, pas causal. Les sites qui bloquent Google-Extended diffèrent des autres par bien d'autres caractéristiques — ce sont massivement de grands médias, engagés dans des contentieux, avec des politiques éditoriales et des structures de contenu particulières.
  • C'est un instantané de deux jours, les 7 et 8 décembre 2025.
  • La significativité est lue sur des intervalles de confiance en figure, sans tableau de coefficients dans le corps du papier.
  • Par construction, une source doit avoir été retrouvée par au moins un moteur pour entrer dans l'échantillon : la lecture est donc comparative, jamais absolue.
Où en est-on, honnêtement

Google affirme que Google-Extended n'a aucun effet sur les AI Overviews A. Une étude peer-reviewed mesure une sous-représentation significative des sites qui le bloquent C. Les deux peuvent être vrais si le blocage est corrélé à autre chose que Google ne dit pas — ou si l'affirmation officielle est incomplète. Nous ne trancherons pas : nous n'avons pas de quoi. Ce que nous pouvons dire, c'est que la position répandue « bloquer Google-Extended est gratuit » n'est plus soutenable sans réserve, et que la position inverse « Google ment » ne l'est pas davantage.

Ce désaccord est en soi l'information la plus utile de cette étude, et il devrait être en tête de tout audit qui recommande de bloquer.

Applebot-Extended présente la même architecture, sans le désaccord : « Applebot-Extended n'explore pas les pages web. Les pages web qui interdisent Applebot-Extended peuvent toujours être incluses dans les résultats de recherche » — Spotlight et Siri.34 C'est un token de préférence, pas un agent.

33Bloquer GPTBot ne vous sort pas de ChatGPT

Ici, aucune ambiguïté : c'est OpenAI qui le dit.

« Chaque réglage est indépendant des autres — par exemple, un webmaster peut autoriser OAI-SearchBot afin d'apparaître dans les résultats de recherche tout en interdisant GPTBot pour indiquer que le contenu exploré ne doit pas servir à entraîner les modèles de fondation d'OpenAI. »

« Les sites qui se sont retirés d'OAI-SearchBot ne seront pas affichés dans les réponses de recherche de ChatGPT, bien qu'ils puissent encore apparaître comme liens de navigation. »
OpenAI, Bots31A · Confirmé

Il faut compter environ 24 heures entre une mise à jour du robots.txt et sa prise en compte par les systèmes de recherche d'OpenAI.

Les deux erreurs symétriques

ErreurCe qu'on croit faireCe qui se passe
1. Bloquer GPTBot seul« Je sors de ChatGPT »Vous restez parfaitement citable via OAI-SearchBot, resté autorisé. Vous avez seulement refusé l'entraînement. C'est en réalité la configuration que la plupart des sites veulent, sans le savoir
2. Bloquer « OpenAI » en bloc, souvent via un preset WAF « bloquer les bots IA »« Je refuse l'entraînement »Vous perdez l'éligibilité aux réponses de ChatGPT Search — c'est-à-dire la seule des deux surfaces qui vous renvoie du trafic

Le même découpage existe partout :

Bloquer…Protège de l'entraînementCoût de visibilité déclaré par l'éditeur
Google-ExtendedOui (Gemini, Vertex)Nul selon Google — mais voir section 32
GooglebotNonTotal : Search, AI Overviews et AI Mode
GPTBotOuiNul
OAI-SearchBotNonTotal sur ChatGPT Search
ClaudeBotOuiNul
Claude-SearchBot, Claude-UserNonAnthropic documente que cela « peut réduire la visibilité de votre site »
PerplexityBotNon — « pas utilisé pour entraîner des modèles de fondation »Total sur Perplexity
Applebot-ExtendedOuiNul : « votre contenu restera trouvable via Spotlight, Siri et Safari »
CCBotOui, prospectivement seulementNul
Bloquer PerplexityBot ne protège de rien

Perplexity documente explicitement que PerplexityBot « n'est pas utilisé pour explorer du contenu destiné aux modèles de fondation IA ». Le bloquer, c'est donc renoncer à toute visibilité sur Perplexity sans obtenir la moindre protection contre l'entraînement. C'est le seul cas du tableau où le blocage n'a strictement aucune contrepartie.

Une réserve pour équilibrer : en juillet 2024, Robb Knight a documenté des accès de Perplexity depuis des IP AWS avec un user-agent générique alors que PerplexityBot était bloqué.57 C'est une enquête indépendante, pas une source officielle, et nous la citons comme telle.

34Le piège du bloc nommé : la première cause de robots.txt cassés

Deux règles de parsing, documentées par Google, expliquent la majorité des robots.txt qui ne font pas ce que croit leur auteur.

Règle 1 — un bloc nommé n'hérite de rien

« Un seul groupe est valide pour un crawler donné. »

« Les groupes spécifiques à un user-agent et les groupes globaux (*) ne sont pas combinés. »
Google, robots.txt specification3A · Confirmé

Déclarer un bloc User-agent: GPTBot fait perdre à GPTBot toutes les règles du bloc *. Si votre bloc générique interdisait /wp-admin/, /panier/ et /recherche/, GPTBot y a désormais accès — parce que vous avez voulu le restreindre.

C'est contre-intuitif et c'est la première cause de robots.txt IA défaillants. La conséquence pratique : chaque bloc nommé doit répéter intégralement les règles du bloc générique, plus les siennes.

Règle 2 — une ligne Sitemap: au milieu ne coupe pas un groupe

« Les règles autres que allow, disallow et user-agent sont ignorées par le parser robots.txt. » Google donne l'exemple :

user-agent: a
sitemap: https://example.com/sitemap.xml
user-agent: b
disallow: /

« est traité comme un seul groupe, et donc les user-agents a et b sont tous deux affectés par la règle disallow: / ». La ligne Sitemap: ne coupe pas le groupe — elle est simplement ignorée, et les deux blocs fusionnent.

Conséquence opérationnelle : placez toujours vos lignes Sitemap: en fin de fichier, jamais entre deux groupes.

Les autres règles de parsing qui comptent

PointRègle
TailleGoogle impose une limite de 500 Kio. « Le contenu situé au-delà est ignoré. » Le RFC 9309 exige des crawlers qu'ils en parsent au moins autant
Cache« jusqu'à 24 heures », modulable par l'en-tête Cache-Control: max-age sur le robots.txt lui-même — un levier réel et presque jamais utilisé
PérimètreHôte, protocole et port. https://example.com/robots.txt ne vaut ni pour https://sous.example.com/, ni pour http://example.com/, ni pour le port 8181
RedirectionsGoogle suit au moins cinq sauts puis traite comme un 404. Les redirections logiques (frames, JavaScript, meta refresh) ne sont pas suivies
Jokers* = zéro ou plusieurs caractères, $ = fin d'URL. /fish* est équivalent à /fish ; /*.php matche tout chemin contenant .php, /*.php$ seulement ceux qui s'y terminent
Précédence« la règle la plus spécifique en fonction de la longueur du chemin ». En cas d'égalité, « Google utilise la règle la moins restrictive »
CasseLe matching des chemins est sensible à la casse. Les chemins sont comparés en forme percent-encodée

Le comportement sur erreur : Google diverge du RFC

SituationRFC 930925Google3
4xx sur robots.txt« le crawler PEUT accéder à toutes les ressources »Idem, sauf 429 : « Google suppose qu'il n'y a aucune restriction »
5xx sur robots.txt« le crawler DOIT supposer une interdiction complète »Comportement en trois temps : 12 h d'arrêt du crawl ; puis 30 jours d'utilisation de la dernière version valide ; au-delà, si le site est globalement disponible, Google se comporte comme s'il n'y avait pas de robots.txt
Un serveur qui renvoie 503 sur son robots.txt arrête tout crawler conforme au RFC

C'est le point de rupture le plus important entre la norme et l'implémentation dominante. Google amortit l'incident sur 30 jours grâce à son cache ; un crawler strictement conforme au RFC 9309, lui, s'arrête. Si votre robots.txt est servi par la même application que vos pages, une panne applicative coupe donc simultanément votre site et l'autorisation de le crawler. Servez-le en statique.

35La syntaxe exacte, pour l'objectif le plus courant

Objectif : refuser l'entraînement, rester citable. C'est ce que veulent la plupart des sites qui nous posent la question, même quand ils la formulent autrement.

# Refus d'entraînement
User-agent: GPTBot
Disallow: /

User-agent: ClaudeBot
Disallow: /

User-agent: CCBot
Disallow: /

User-agent: Google-Extended
Disallow: /

User-agent: Applebot-Extended
Disallow: /

User-agent: Bytespider
Disallow: /

# Recherche et citation : explicitement autorisés
User-agent: OAI-SearchBot
Allow: /

User-agent: Claude-SearchBot
Allow: /

User-agent: PerplexityBot
Allow: /

# Sitemap en fin de fichier, jamais entre deux groupes
Sitemap: https://example.com/sitemap.xml

Trois rappels avant de copier ce bloc :

  • Chaque bloc nommé est autonome (section 34). Si votre bloc * contient des Disallow importants, répétez-les dans chaque bloc nommé.
  • Ne mettez pas Googlebot dans la liste de gauche. C'est la seule ligne qui vous ferait sortir de Search.
  • La colonne de droite n'est pas décorative. Sans Allow: / explicite, ces agents retomberaient sur le bloc * — ce qui est souvent le comportement voulu, mais qu'il vaut mieux écrire que subir.

La prévalence réelle du blocage

MesureRésultatPortée
Data Provenance Initiative, Consent in Crisis100« environ 5 %+ de tous les tokens de C4, ou 28 %+ des sources les plus activement maintenues et critiques de C4, entièrement restreintes d'usage ». Et pour les restrictions par CGU : « un plein 45 % de C4 est désormais restreint »Audit longitudinal de 14 000 domaines sous C4, RefinedWeb et Dolma C
Reuters Institute, février 202410148 % bloquaient OpenAI fin 2023, 24 % Google-Extended. États-Unis 79 %, Allemagne 60 %, Espagne / Pologne / Mexique ~20 %Top 15 des sites d'information de 10 pays, robots.txt archivés jour par jour C
Cloudflare, juillet 2025104Seuls ~38 % du top 10 000 des domaines ont un robots.txt exploitable ; 14 % visent explicitement des bots IA3 816 domaines analysés C

Les trois pourcentages de la première ligne mesurent trois choses différentes — part des tokens, part des sources critiques, part sous restriction contractuelle. Leur confusion est l'erreur de citation la plus fréquente sur ce sujet.

36Les leviers contraignants, et leurs faux positifs

Le robots.txt est déclaratif par construction. Si vous voulez une contrainte, il faut descendre d'une couche — et accepter le risque associé.

« Il est important de se rappeler que les signaux de contenu expriment des préférences ; ce ne sont pas des contre-mesures techniques contre le scraping. Certaines entreprises pourraient simplement les ignorer. »
Cloudflare, Content Signals Policy, 24 septembre 202537

Les quatre leviers, du plus sûr au plus risqué

LevierEfficacitéRisque
AuthentificationTotale. Google la recommande explicitement comme alternative au robots.txt : « protégez les fichiers par mot de passe sur votre serveur »14Aucun, mais ce n'est plus du web public
Blocage par plage IP vérifiéeRésiste au spoofing de user-agent. C'est la seule méthode qui tienne contre un acteur non coopératifFaux positifs si vos fichiers JSON ne sont pas rafraîchis (section 13). Et Anthropic objecte que cela empêche la lecture du robots.txt
Vérification DNS croiséeMéthode officielle Google, fiableCoûteuse en latence à grande échelle
Pare-feu applicatif, challenges JavaScriptImmédiateLe seul levier qui peut casser votre visibilité par accident. Voir ci-dessous
Trois façons de se tirer une balle dans le pied avec un WAF
  1. Bloquer un agent de recherche en croyant bloquer un agent d'entraînement. C'est l'erreur de la section 33, généralisée par les presets « bloquer les bots IA ».
  2. Servir un challenge à un crawler légitime dont l'IP est absente de vos listes parce que le fichier JSON n'a pas été rafraîchi.
  3. Servir un challenge JavaScript ou un CAPTCHA à Googlebot. Googlebot exécute le JavaScript mais ne résout pas de challenge interactif. Résultat : la page est indexée avec le contenu de la page de challenge. C'est le pire scénario du lot, parce qu'il est silencieux — vous restez indexé, mais avec le mauvais contenu.

Rappel de la section 15 : ces blocages sont invisibles dans vos logs d'origine. Si vous êtes derrière un CDN, la seule façon de vérifier que vous ne bloquez pas Googlebot est de consulter le tableau des événements de sécurité, pas vos logs serveur.

37Le réglage Cloudflare qui bloque Googlebot

Un point de configuration à vérifier avant le 15 septembre 2026 sur tout site derrière Cloudflare. Il est documenté, il est daté, et il est passé largement inaperçu.

La chronologie

DateÉvénement
1er juillet 2025Cloudflare devient le premier grand acteur d'infrastructure à bloquer le scraping IA par défaut, et lance Pay Per Crawl en bêta privée : « chaque fois qu'un crawler IA demande du contenu, soit il présente une intention de paiement via des en-têtes de requête pour un accès réussi (code 200), soit il reçoit une réponse 402 Payment Required avec la tarification »38
24 septembre 2025Publication de la Content Signals Policy, sous licence CC037
1er juillet 2026Nouvelle taxonomie Search / Agent / Training, et annonce des nouveaux défauts39
21 août 2026Bot Preference Sync, qui sépare explicitement les trois finalités111
15 septembre 2026Entrée en vigueur des nouveaux défauts

Ce qui change le 15 septembre 2026

« Pour tous les nouveaux domaines qui rejoignent Cloudflare, les catégories Training et Agent seront bloquées par défaut sur les pages qui affichent de la publicité, tandis que Search restera autorisé par défaut. »

Et voici la phrase qui devrait figurer en gras dans toute documentation d'exploitation :

« Les crawlers multi-usages (spécifiquement ceux qui combinent Search et Training) seront autorisés ou bloqués selon l'ensemble de leurs comportements… Puisque les défauts seront appliqués selon les règles les plus restrictives applicables, les crawlers multi-usages tels que Googlebot, Applebot et BingBot seront bloqués pour les clients qui ont choisi de bloquer le Training — que ce soit via les nouvelles options de gestion du trafic IA ou via l'ancien service "Block AI bots". »
Cloudflare, Your site, your rules: new AI traffic options for all customers, 1er juillet 202639A · Confirmé
À faire maintenant si vous êtes derrière Cloudflare

Vérifiez si l'option héritée « Block AI bots » est active sur vos zones. Si elle l'est, et si vous ne faites rien, Googlebot sera bloqué à partir du 15 septembre 2026 selon la règle du comportement le plus restrictif. Cloudflare prévoit une possibilité de désactivation dans les réglages de sécurité avant cette date.

C'est le faux positif ultime : un réglage intitulé « bloquer les robots IA », activé de bonne foi, qui coupe l'accès au moteur de recherche dont dépend l'essentiel de votre trafic.

Le reste du dispositif, en bref

  • Content Signals. Une ligne machine — Content-Signal: search=yes, ai-train=no — et un bloc de commentaires en langage naturel. Servie sur plus de 3,8 millions de domaines via le robots.txt managé. Cloudflare précise ne pas servir de signal ai-input par défaut : « nous ne connaissons pas leur préférence, et nous ne voulons pas deviner ».
  • L'extension use, testée depuis juillet 2026, avec trois niveaux : use=immediateinteragir, mais ne rien stocker ni réutiliser »), use=reference (défaut — « indexer, extraire, et faire un lien retour »), use=fullrésumer et reproduire »).
  • Une sanction, cette fois. « Quand nous découvrons un bot abusant de ces signaux, il perdra son statut "Verified", ce qui aura pour conséquence qu'il ne sera plus autorisé. » Et la redéfinition qui compte : « les bots non vérifiés sont toujours bloqués par défaut, mais nous ne considérons plus que Verified signifie "autorisé par défaut" ».
  • Pay Per Use, annoncé le 1er juillet 2026 : le modèle passe d'une facturation par récupération à une rémunération sur l'usage effectif du contenu dans les réponses IA.40

C'est le seul dispositif de tout ce panorama qui soit réellement contraignant : Cloudflare est dans le chemin réseau, son blocage s'applique que le crawler soit d'accord ou non. Et c'est aussi celui dont aucune étude d'impact n'a été publiée — nous le signalons comme une lacune, pas comme une omission.

Fil rouge · 4 sur 6

Troisième pièce du dossier : ce que le blocage empêche réellement.

Nous savons maintenant que « bloquer les robots IA » n'est pas une action mais une famille d'actions aux effets très différents ; que les deux erreurs les plus fréquentes sont symétriques et coûteuses ; qu'un réglage d'infrastructure bien intentionné peut couper Googlebot ; et que sur le cas le plus discuté — Google-Extended — la documentation officielle et la mesure indépendante ne disent pas la même chose. Il reste une question : combien ça coûte, en vrai ?

Partie VII
Ce que ça coûte, et qui décide

38La seule mesure causale disponible

Une seule étude isole causalement l'effet du blocage sur le trafic. Elle est peu citée, son chiffre le plus connu est périmé, et son résultat est l'inverse de ce que suggère le discours ambiant.

Hangcheng Zhao (Rutgers Business School) et Ron Berman (Wharton), Strategic Response of News Publishers to Generative AI, arXiv:2512.24968, version 4 du 15 avril 2026.47 C · Mesuré

La méthode

Différences-en-différences échelonnées sur la date d'adoption du blocage, avec cohortes de comparaison « pas encore bloquantes » et « jamais bloquantes ». Sources : SimilarWeb pour les visites quotidiennes, Semrush pour le canal, le panel comportemental Comscore pour le trafic humain, HTTP Archive pour les instantanés de robots.txt, l'Internet Archive pour les comptes d'URL, Revelio Labs pour les offres d'emploi. Cœur de l'échantillon : 30 éditeurs de presse à couverture complète, avec extensions sur le top 500.

Point d'identification décisif : l'analyse est restreinte à la période antérieure à mai 2024, parce que « l'adoption du blocage s'est concentrée du milieu à la fin de 2023, bien avant l'impact des AI Overviews ». C'est ce qui rend l'estimation propre — et c'est aussi sa principale limite de portée.

Prévalence mesurée : « environ 75 % des principaux éditeurs ont bloqué les crawlers LLM à différents moments à partir du milieu de 2023 », OpenAI d'abord, puis Anthropic, puis Perplexity.

Le résultat

« Les éditeurs subissent approximativement un déclin de 7 % du trafic dans les 6 semaines suivant le blocage des crawlers d'IA générative, qu'il soit mesuré par SimilarWeb, Semrush ou Comscore. »
Zhao & Berman, v4, avril 202647
Source de mesureEstimation ponctuelleIntervalle de confiance à 95 %
SimilarWeb−0,074 *[−0,141 ; −0,007]
Semrush−0,069 *[−0,145 ; +0,007]
Comscore (panel humain)−0,065[−0,150 ; +0,021]

L'hétérogénéité, qui est le vrai résultat

SegmentEffetLecture
Top 50−0,069, significatifLe blocage coûte
Rangs 51 à 100−0,034, non significatifEffet non démontré
Rangs 101 à 500+0,016, non significatifPositif, mais non démontré
Le chiffre de −23 % est périmé

La version 1 du papier, publiée le 31 décembre 2025 sous un titre différent — The Impact of LLMs on Online News Consumption and Production — annonçait −23,1 % de trafic total. La version 4 ramène l'estimation à environ −7 %, après remesure hebdomadaire à méthodologie identique. Le chiffre de −23 % circule encore massivement dans la presse spécialisée et dans les argumentaires commerciaux. Ne le citez plus, et précisez la version quand vous citez ce papier.

Ce que le papier démontre, et ce qu'il ne démontre pas

Il démontre que bloquer les robots IA coûte du trafic humain — le résultat tient sur le panel Comscore, donc ce n'est pas un artefact de comptage de robots — pour les gros éditeurs, avec un design quasi-causal solide, appuyé par trois tests placebo et une vérification d'absence d'anticipation.

Il ne démontre rien sur les citations dans les réponses génératives, ni sur la période post-AI Overviews. Rien n'établit que ce résultat tienne en 2026.

Un résultat secondaire, qui en dit long

Les grands éditeurs qui bloquent se déplacent vers du contenu plus difficile à répliquer : −31,2 % de volume d'articles, +68,1 % d'éléments interactifs, environ +50 % de technologies publicitaires et de ciblagesans augmenter le volume textuel. Et aucune contraction de l'emploi éditorial à court terme ; la part des offres éditoriales augmente même.

Les mesures voisines, et pourquoi elles se contredisent

Plusieurs travaux cherchent à mesurer non pas le trafic mais les citations. Ils arrivent à des verdicts opposés, et il faut comprendre pourquoi avant d'en citer un.

ÉtudeRésultatLe biais qui explique le résultat
BuzzStream × Citation Labs, avril 2026 — 4 M de citations, 3 600 prompts95,4 % des citations viennent de sites bloquant GPTBotBiais de sélection dirimant : l'échantillon ne contient que des domaines déjà cités. Cela ne mesure pas la probabilité d'être cité quand on bloque
Cloro, juillet 2026 — 1 058 domaines, métrique normalisée par les apparitions organiquesLes bloqueurs d'OAI-SearchBot et de PerplexityBot : zéro citation sur la plateforme correspondanteAucun test de significativité. L'auteur écrit lui-même : « les données ne peuvent pas prouver la causalité »
Goodie, juillet 2026 — 31 M de citations, 105 éditeurs, 11 surfacesLe New York Times, qui bloque OpenAI et Google-Extended : 0 citation ChatGPT, 0 Gemini — mais 37 642 Grok, 8 007 AI Overviews, 4 303 PerplexityConclusion de l'auteur : « le blocage fonctionne sur les modèles qui se conforment, pas sur ceux qui ne le font pas »
La réconciliation défendable

Ces trois résultats peuvent être vrais simultanément. Les très gros médias restent cités malgré le blocage, parce que leur autorité et leur reprise par des tiers compensent — c'est ce que voit BuzzStream. Mais la propension médiane des domaines bloquants s'effondre — c'est ce que voit Cloro, qui normalise. Et le blocage est asymétrique : il coûte de la visibilité chez les acteurs conformes, et ne protège de rien chez les non-conformes.

Ce qui donne le résultat le plus désagréable de toute cette étude : le blocage pénalise surtout ceux qui le respectent.

39Trois régulateurs, un même constat

Ce qui était il y a deux ans une plainte de praticiens est aujourd'hui un constat d'autorité publique, formulé indépendamment par trois régulateurs en dix-huit mois.

France, Arcep, janvier 2026 — le constat technique

« Les éditeurs de contenus souhaitent pouvoir maîtriser techniquement l'utilisation de leurs productions et publications par les outils d'IA générative ainsi que leur valorisation. Or, il n'existe pas de mécanisme permettant de filtrer spécifiquement les crawlers d'IA sans entraîner des effets négatifs pour les crawlers des moteurs de recherche et donc sur le référencement du site internet par ces derniers. »
Arcep, IA générative : des défis pour l'avenir de l'internet ouvert, janvier 2026, p. 4960A · Confirmé

C'est la formulation la plus autorisée, en français, du problème posé en section 02 : la mutualisation du crawl rend l'opt-out granulaire techniquement impossible. L'Arcep en tire une recommandation : assurer le respect effectif du robots.txt, soutenir des normes plus granulaires permettant de « différencier les usages – entraînement, indexation, agentification », et surtout « que des crawlers distincts et identifiables soient utilisés pour les visées spécifiques de la collecte ».

France, Autorité de la concurrence, mars 2024 — la sanction

C'est la meilleure source de droit positif au monde sur cet arbitrage, et elle est française. Décision n° 24-D-03 du 15 mars 2024, 250 millions d'euros de sanction.61

« L'Autorité constate que Google n'a pas proposé de solution technique permettant aux éditeurs et agences de presse de s'opposer à l'utilisation de leur contenu par Bard. Les éditeurs et agences de presse souhaitant s'opposer à cette utilisation devaient insérer une instruction s'opposant à toute indexation de leur contenu par Google, y compris sur les services Search, Discovery et Google Actualités qui faisaient précisément l'objet d'une négociation au titre de la rémunération des droits voisins. Ce faisant, Google a lié l'utilisation des contenus […] par son service d'intelligence artificielle à l'affichage des Contenus protégés, obérant la capacité des éditeurs et agences de presse à négocier une rémunération. »
Autorité de la concurrence, décision n° 24-D-03, 15 mars 202461A · Confirmé

Trois constatations factuelles de cette décision méritent d'être connues :

  • Google a reconnu qu'avant le lancement de Google-Extended, le 28 septembre 2023, elle n'offrait « aucune modalité pratique » d'opt-out.
  • Google a déclaré que l'opt-out ne vaut que pour l'avenir : les sites déjà utilisés pour entraîner PaLM 2 ne peuvent en être retirés.
  • Le 10 octobre 2023, alors que TF1.fr et TF1info.fr avaient posé la balise Google-Extended, Bard continuait à répondre en citant ces sites — « ce qui suggère que ces sites étaient encore utilisés par Bard au stade du grounding ». L'Autorité conclut que « l'effectivité de l'option de refus était encore insatisfaisante ».

Ce dernier point est à rapprocher directement de la contradiction documentée en section 32. Deux ans avant l'étude SIGIR, une autorité française constatait déjà un écart entre la préférence exprimée et le comportement observé.

Royaume-Uni, CMA, juin 2026 — le remède

La Publisher Conduct Requirement du 3 juin 2026 est la décision la plus avancée au monde.62 Elle impose à Google de fournir des contrôles permettant aux éditeurs de retirer leur contenu des fonctionnalités génératives — et surtout, elle interdit le contournement :

« Le fonctionnement des contrôles par les éditeurs ne doit pas être compromis par l'introduction, par Google, de signaux de classement ou par une présentation ou un affichage différent du contenu dans les résultats de recherche généraux, en dehors des fonctionnalités génératives, lorsque les contrôles sont utilisés. »

« Nous reconnaissons que les éditeurs peuvent percevoir un risque que Google exerce des représailles contre eux s'ils utilisent le contrôle au Royaume-Uni — par exemple en déclassant leur contenu ailleurs. Nous avons donc introduit une disposition accessoire supplémentaire pour traiter ce risque. »
CMA, Publisher Conduct Requirement, §3.4 et §3.58, 3 juin 202662A · Confirmé

Mais la CMA a explicitement refusé d'imposer la séparation des crawlers, que réclamaient la News Media Alliance, l'European Publishers Council, le Guardian Media Group, DMG Media, la BBC et Cloudflare : « notre évaluation reste que les coûts de contrôles renforcés seraient probablement matériellement inférieurs à ceux d'une séparation des crawlers, et donc plus proportionnés » (§4.22-4.26).

Le régulateur le plus avancé a constaté le problème technique et choisi de le contourner

L'Arcep constate que la séparation technique des crawlers est ce qui manque. La CMA arrive au même diagnostic, juge le remède disproportionné, et le remplace par une obligation de comportement : Google peut garder un crawler unique, mais n'a pas le droit de se venger. C'est un découplage juridique à défaut d'être technique — et c'est probablement ce que nous aurons de mieux à court terme.

Une critique côté éditeurs, portée par la PPA : le contrôle « ne sera ni par fonctionnalité, ni par finalité ». Un contrôle unique couvre l'exploration, l'entraînement et le grounding, et ne distingue pas AI Mode d'AI Overviews.

Union européenne, décembre 2025 — la procédure

Le 9 décembre 2025, la Commission européenne a ouvert une procédure formelle au titre de l'article 102 TFUE, sur l'usage par Google de contenus d'éditeurs à des fins d'IA.63 La première théorie du préjudice vise l'usage de contenus pour les AI Overviews et l'AI Mode « sans compensation appropriée et sans possibilité de refuser cet usage sans perdre l'accès à Google Search ».

C'est la consécration institutionnelle exacte du problème. Sanction encourue : jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial. Aucun grief n'a été notifié à ce jour et rien n'est tranché. A · Confirmé (procédure en cours)

Et le cadre du droit d'auteur, en une minute

TexteCe qu'il fait
Directive 2019/790, article 464L'exception de fouille de textes et de données est le régime par défaut en Europe : l'entraînement est licite tant que le titulaire ne s'est pas réservé ses droits « par des procédés lisibles par machine ». Le fardeau technique repose sur l'éditeur
AI Act, article 53(1)(c)65Oblige tout fournisseur de modèle à usage général à identifier et respecter ces réserves. Il ne crée pas de droit nouveau : il rend opposable par voie réglementaire un opt-out qui relevait du seul contentieux civil, et l'étend aux modèles mis sur le marché de l'Union
Code de bonnes pratiques GPAI66Engage les signataires à respecter robots.txt et ses versions IETF successives. C'est la reconnaissance institutionnelle la plus explicite du robots.txt comme véhicule valide d'opt-out. De droit souple, mais l'adhésion vaut présomption de conformité
OLG Hamburg, 10 décembre 202568Première décision d'appel européenne sur l'exception TDM. Une réserve exprimée en langage naturel dans des CGU est invalide. Le critère posé va plus loin que la lisibilité : la cour exige que la réserve soit actionnable par machine. Ne dit pas que robots.txt suffit — dit que le langage naturel ne suffit pas

Les normes émergentes, au 1er septembre 2026

DispositifNatureStatut
RFC 930925NormatifPublié en 2022, largement implémenté pour allow / disallow. Ne dit rien du délai ni de la finalité
AIPREF — en-tête Content-Usage et extension robots.txt2728Normatif à termeGroupe de travail IETF. Vocabulaire en révision 07, deux catégories seulement (train-ai et search), et le document précise lui-même que « la section 3 n'a pas encore de consensus ». Aucun crawler ne peut être tenu de le lire aujourd'hui
Content Signals de Cloudflare37Déclaratif + réservation de droitsServi sur 3,8 M+ de domaines. Son intérêt réel n'est pas technique mais juridique : le bloc de commentaires invoque explicitement l'article 4 de la directive 2019/790, ce qui en fait une réservation de droits opposable
RSL 1.029Déclaratif contractuelSpécification publiée en décembre 2025. Directive License: pointant vers un XML portant des termes et un prix. C'est le seul dispositif du panorama qui porte une licence, là où AIPREF porte une préférence binaire
Web Bot Auth942Contraignant (authentification)Expérimental. Google ne signe qu'un sous-ensemble des requêtes de Google-Agent. Seule piste qui règle structurellement l'usurpation
Blocage par défaut et Pay Per Crawl38ContraignantS'impose au crawler, qu'il soit d'accord ou non. Défauts au 15 septembre 2026

Deux consultations en cours peuvent redessiner ce tableau : celle de la Commission européenne sur les protocoles de réserve de droits, clôturée le 9 janvier 2026 et dont les résultats ne sont pas publiés67 — huit solutions y étaient examinées, dont robots.txt, TDMRep, C2PA et ai.txt — et les travaux de l'IETF. À ce jour, le droit européen reconnaît robots.txt mais n'a désigné aucun protocole unique.

En clair : le robots.txt a une valeur juridique en droit européen, mais c'est une valeur de plancher. Il est expressément visé par le Code GPAI, il satisfait a priori le critère de lisibilité machine, et il satisfait bien mieux que des CGU le critère d'actionnabilité posé à Hambourg. Sa faiblesse est ailleurs, et c'est toujours la même : il s'exprime par user-agent, et il n'existe pas de user-agent séparé pour l'usage IA d'un moteur qui indexe aussi.

40Répondre à la question

Nous avons les quatre pièces. Voici la réponse — et elle n'est pas la même pour tout le monde.

Fil rouge · 5 sur 6 — les quatre pièces du dossier
  1. Le coût d'infrastructure est réel mais concentré sur un profil précis : beaucoup d'URL peu consultées, donc mal protégées par le cache (section 10).
  2. Le débat public est mené avec des chiffres largement non traçables, dans les deux camps (section 30).
  3. « Bloquer » n'est pas une action mais une famille d'actions aux effets opposés, et les deux erreurs les plus fréquentes sont symétriques (section 33).
  4. Le coût en trafic est de l'ordre de −7 % pour les très gros éditeurs, et non démontré pour les autres (section 38).

La grille de décision

Votre situationCe que dit ce dossier
Moins de 10 000 URL, contenu stable Le crawl budget est un non-sujet A. Et sur le blocage : vous n'avez aucun accord de licence à espérer, aucun levier de négociation, et un coût de visibilité potentiel. Ne bloquez que l'entraînement, si vous y tenez par principe. La vraie priorité est ailleurs : assurez-vous que votre contenu est dans le HTML servi (section 09)
E-commerce à facettes Votre sujet crawl, ce sont les facettes : 75 % des problèmes que Google rencontre (section 24). Bloquez-les en robots.txt, jamais en noindex. Le blocage IA est secondaire par rapport à ça
Média à forte autorité, monétisation publicitaire Le seul cas où le blocage a une logique économique : ratios crawl-to-refer défavorables, levier de licence réel. Coût mesuré : −7 % de trafic à six semaines, plus une sous-représentation en AI Overviews que les données suggèrent sans la démontrer. C'est un arbitrage de direction, pas une décision technique
B2B, lead-gen, visant la visibilité générative Bloquez les robots d'entraînement uniquement. Jamais OAI-SearchBot, Claude-SearchBot, PerplexityBot, Googlebot. Voir la syntaxe en section 35
Vous êtes derrière Cloudflare Quelle que soit votre réponse : vérifiez le réglage « Block AI bots » avant le 15 septembre 2026 (section 37)
Vous voulez sortir des AI Overviews C'est techniquement impossible sans sortir de Google Search A. Le seul levier partiel est nosnippet ou max-snippet, qui dégrade aussi votre affichage en résultats classiques

Ce que nous ne savons pas, et qu'il faut dire

  • Si le blocage de Google-Extended a réellement un coût en AI Overviews. Une mesure peer-reviewed le suggère, la documentation officielle l'exclut, et personne n'a de quoi trancher (section 32).
  • Si le résultat de −7 % tient après l'arrivée des AI Overviews. L'étude s'arrête volontairement avant, pour des raisons d'identification. Personne n'a refait la mesure sur 2025-2026.
  • Quel est l'impact du blocage par défaut de Cloudflare. Aucune étude d'impact n'a été publiée, alors que le dispositif couvre une part considérable du web.
  • Le taux réel de non-respect du robots.txt. Les seules mesures disponibles proviennent d'acteurs qui vendent la solution au problème qu'ils mesurent.
Fil rouge · 6 sur 6 — la réponse

« Dois-je bloquer les robots IA ? » est la mauvaise question.

La bonne est : quel usage de mon contenu suis-je prêt à autoriser, et par qui ? Une fois posée ainsi, elle se décompose en trois décisions indépendantes — entraînement, recherche, action utilisateur — dont deux ont une réponse quasi universelle. Refuser l'entraînement ne coûte rien de documenté chez les opérateurs conformes. Refuser la recherche coûte votre visibilité, et les éditeurs l'écrivent eux-mêmes. La troisième, l'action utilisateur, n'est pas un arbitrage SEO : c'est décider si vous acceptez qu'un lecteur vous lise à travers un outil.

Reste le fond, que trois régulateurs ont désormais nommé : la question n'est plus « faut-il bloquer ? » mais « qui supporte le coût du couplage ? ». Techniquement, le couplage subsiste — l'Arcep le constate en janvier 2026, la CMA renonce à le défaire en juin 2026. Juridiquement, trois autorités en font simultanément un abus. Empiriquement, le coût du blocage est réel pour les grands éditeurs et non démontré pour les autres. La perte de visibilité invoquée pour dissuader de bloquer est donc, pour la majorité des sites, un argument plus disciplinant que documenté.

Annexes
Protocole, glossaire, sources

Protocole reproductible en huit étapes

Tout ce qui suit s'exécute sur vos propres données, sans outil payant obligatoire. Les étapes 1 à 3 sont préparatoires et doivent être lancées plusieurs semaines avant l'analyse.

  1. Fixer la source. Logs de bordure (CDN) ou d'origine ? Documentez le choix par écrit, en tête du rapport. Si vous êtes derrière Cloudflare, vérifiez le tableau Security Events pour savoir ce qui est bloqué avant d'atteindre l'origine (section 15).
  2. Enrichir le format de log. Ajoutez $request_time, $upstream_response_time, $upstream_cache_status et $host (section 14). Sans ces champs, l'analyse restera descriptive.
  3. Allonger la rétention et archiver. Visez six à douze mois, dans le cadre de la recommandation CNIL sur la journalisation, et documentez le traitement au registre (section 16).
  4. Télécharger et mettre en cache les fichiers de plages IP. Google (quatre fichiers), OpenAI (trois), Anthropic, Bing, Apple, Perplexity, Common Crawl. Contrôlez le champ creationTime et faites échouer bruyamment toute récupération en 404 (section 13).
  5. Marquer chaque ligne deux fois : bot_declared depuis le user-agent, et bot_verified depuis l'IP ou le DNS croisé. Publiez le taux d'usurpation par agent : c'est un résultat, pas un sous-produit (section 12).
  6. Segmenter les URL par gabarit, répertoire et paramètre, puis joindre à un crawl outil pour obtenir les pages orphelines et les pages jamais crawlées (section 19).
  7. Agréger sur jour × bot vérifié × code HTTP × type de fichier × segment. Sortir : requêtes, pages uniques, fréquence de recrawl, répartition 2xx/3xx/4xx/5xx, temps de réponse médian, octets transférés.
  8. Calculer la crawl efficacy par segment — médiane, percentile 90, et surtout taux de pages non recrawlées dans la fenêtre — puis confronter au rapport d'exploration de Search Console sur la même fenêtre de 90 jours, en documentant les écarts sans chercher à les faire coïncider (section 17).
Les trois erreurs qui invalident un rapport de crawl
  1. Compter sur le user-agent. Vous mesurez des déclarations, pas du crawl.
  2. Mélanger des sources de logs. Un changement de configuration de cache produira une fausse chute.
  3. Ne pas segmenter. Un total de requêtes ne diagnostique rien ; c'est la ventilation par gabarit qui localise le problème.

Glossaire

TermeDéfinition
Crawl capacity limitPlafond que Google s'impose pour ne pas dégrader le serveur : durée totale de connexions ouvertes. Piloté par la santé serveur. Partagé entre tous les crawlers Google d'un même nom d'hôte
Crawl demandBesoin propre de Google d'aller chercher vos URL. Fonction de l'inventaire perçu, de la popularité et de l'obsolescence du contenu indexé
Crawl efficacyDélai entre la création ou la modification d'une page et son crawl suivant. Métrique proposée par Jes Scholz en remplacement du volume de crawl
Crawl ratioPart des pages connues effectivement crawlées sur une fenêtre donnée
Crawl-to-referRapport entre le nombre de récupérations HTML d'une plateforme et le nombre de visites qu'elle renvoie. Mesuré par Cloudflare, avec un biais connu sur les applications natives
Discovery / RefreshLes deux objectifs d'exploration distingués par le rapport d'exploration de Search Console : découvrir une URL nouvelle, ou vérifier une URL connue. Non reconstituable depuis les logs
FCrDNSForward-confirmed reverse DNS. Vérification en deux temps : reverse DNS sur l'IP, puis forward DNS sur le nom obtenu, avec égalité des IP
Fetcher déclenché par l'utilisateurAgent qui récupère une page à la demande explicite d'un humain. Documenté par tous les éditeurs comme hors du périmètre du robots.txt
GroundingAncrage d'une réponse générative sur des documents récupérés en temps réel. Distinct de l'entraînement : le contenu n'entre pas dans les paramètres du modèle
Opt-out TDMRéserve de droits au titre de l'article 4 de la directive 2019/790, qui doit être exprimée par des procédés lisibles par machine
Page orphelineURL crawlée par le moteur mais absente de la structure de liens internes
REPRobots Exclusion Protocol. Créé par Martijn Koster en 1994, standardisé par le RFC 9309 en septembre 2022
Soft 404Page qui renvoie un code 200 tout en affichant un contenu d'erreur. Le seul cas documenté où l'erreur consomme réellement du crawl budget
Token de préférenceNom utilisable dans robots.txt qui ne correspond à aucun robot réel. Google-Extended et Applebot-Extended en sont les deux exemples
Web Bot AuthProtocole expérimental de signature cryptographique des requêtes de robots, fondé sur HTTP Message Signatures (RFC 9421)

Sources

112 sources, classées par nature. Les sources primaires sont majoritaires, et chaque mesure tierce est accompagnée de son échantillon et de sa date. Consultées entre le 30 août et le 1er septembre 2026.

Google — documentation crawl (site autonome depuis novembre 2025)

  1. Crawl budget management for large sites. developers.google.com/crawling — dernière mise à jour 22 juillet 2026. Capacité, demande, seuils, réallocation, bonnes pratiques. La page centrale du corpus.
  2. Myths and facts about crawling. developers.google.com — 18 décembre 2025. La source la plus dense du domaine : dix mythes corrigés par Google lui-même.
  3. robots.txt specification. developers.google.com — parsing, groupes, précédence, codes HTTP sur robots.txt, limite de 500 Kio.
  4. Reduce Google crawl rate. developers.google.com
  5. HTTP status codes and network errors. developers.google.com
  6. Google common crawlers. developers.google.com — « Google-Extended doesn't have a separate HTTP request user agent string ».
  7. User-triggered fetchers. developers.google.com — « these fetchers generally ignore robots.txt rules ».
  8. Verify Google crawlers and fetchers. developers.google.com
  9. Web Bot Auth. developers.google.com — mise à jour 4 mai 2026.
  10. Managing crawling of faceted navigation URLs. developers.google.com — 18 décembre 2025.
  11. Google crawling infrastructure — changelog et accueil. developers.google.com/crawling — trace la migration de novembre 2025 et liste les produits desservis.
  12. Google special-case crawlers. developers.google.com
  13. Useful robots.txt rules. developers.google.com

Google — Search Central et aide

  1. Introduction to robots.txt. developers.google.com — « A page that's disallowed in robots.txt can still be indexed if linked to from other sites. »
  2. Block search indexing with noindex. developers.google.com — l'incompatibilité Disallow / noindex, en toutes lettres.
  3. Robots meta tag, data-nosnippet, and X-Robots-Tag. developers.google.com — y compris la liste des règles « no longer used by Google Search ».
  4. AI features and your website. developers.google.com — « robots.txt directives for Googlebot is the control ». La source décisive de la section 32.
  5. Crawl stats report. support.google.com — Discovery/Refresh, état de l'hôte, limites.
  6. Designing a URL structure for ecommerce sites. developers.google.com

Google — billets de blog et déclarations

  1. Gary Illyes, Crawling December: HTTP caching, 9 décembre 2024. developers.google.com — le chiffre 0,026 % → 0,017 %. Seul survivant de la page de doc supprimée.
  2. Crawling December: faceted navigation, décembre 2024. developers.google.com
  3. Gary Illyes, Spring cleaning: the URL Parameters tool, 28 mars 2022. developers.google.com — « only about 1% of the parameter configurations […] are useful for crawling ».
  4. Search Console crawl stats report, novembre 2020. developers.google.com
  5. Gary Illyes, Google, 31 mars 2026 — « Googlebot is just a user of something that resembles a centralized crawling platform » et « when you see Googlebot in your server logs, you are just looking at Google Search ».
  6. Gary Illyes, Sitemaps ping endpoint is going away, 26 juin 2023. developers.google.com — « the vast majority of the submissions lead to spam » ; lastmod utile, changefreq et priority toujours pas.
  7. Gary Illyes, billet sur les crawlers, mars 2026. developers.google.com — limites de récupération : 2 Mo par URL, 64 Mo pour les PDF, 15 Mo par défaut.
  8. Gary Illyes, podcast Search Off the Record, 3 février 2026 — facettes 50 % + paramètres d'action 25 % = 75 % des problèmes de crawl rencontrés par Google en 2025.
  9. What crawl budget means for Googlebot, 16 janvier 2017. developers.google.com — le seuil historique « fewer than a few thousand URLs ».
  10. Témoignage de Pandu Nayak, VP Search, procès USA v. Google, octobre 2023 — index d'environ 400 milliards de documents ; volume crawlé caviardé.

Normes et spécifications

  1. RFC 9309, Robots Exclusion Protocol, septembre 2022. rfc-editor.org — précédence par longueur, limite de 500 Kio, cache 24 h, comportement sur 4xx et 5xx.
  2. RFC 9421, HTTP Message Signatures. rfc-editor.org
  3. draft-ietf-aipref-vocab — vocabulaire de préférences IA, révision 07 du 19 août 2026. datatracker.ietf.org — deux catégories seulement : train-ai et search. « Section 3 does not yet have consensus. »
  4. draft-ietf-aipref-attach — en-tête Content-Usage et extension robots.txt. ietf-wg-aipref.github.io
  5. Really Simple Licensing (RSL) 1.0, 10 décembre 2025. rslstandard.org — directive License: dans robots.txt, vocabulaire ai-train / ai-input / search / ai-all, modèles de paiement.
  6. sitemaps.org protocol. sitemaps.org

Éditeurs d'IA — documentation officielle

  1. OpenAI, Bots. developers.openai.com — « Each setting is independent of the others ». GPTBot, OAI-SearchBot, OAI-AdsBot, ChatGPT-User.
  2. Anthropic, Does Anthropic crawl data from the web? support.claude.com — ClaudeBot, Claude-User, Claude-SearchBot ; Crawl-delay documenté ; blocage IP déconseillé.
  3. Perplexity, Perplexity crawlers. docs.perplexity.ai — « not used to crawl content for AI foundation models ».
  4. Apple, About Applebot. support.apple.com — « Applebot-Extended does not crawl webpages ».
  5. Common Crawl, CCBot. commoncrawl.org
  6. Fichiers de plages IP : openai.com/gptbot.json, claude.com/crawling/bots.json, applebot.json, bingbot.json, perplexitybot.json

Cloudflare

  1. Will Allen, Giving users choice with Cloudflare's new Content Signals Policy, 24 septembre 2025. blog.cloudflare.com — « they are not technical countermeasures against scraping » ; 3,8 M+ de domaines ; réservation de droits art. 4 DSM.
  2. Introducing pay per crawl, 1er juillet 2025. blog.cloudflare.com — HTTP 402, en-têtes crawler-price, signatures Ed25519.
  3. Your site, your rules: new AI traffic options for all customers, 1er juillet 2026. blog.cloudflare.com — taxonomie Search / Agent / Training ; défauts au 15 septembre 2026 ; « Googlebot, Applebot and BingBot will be blocked by customers who have selected to block Training ».
  4. Making AI search smarter — Pay Per Use, 1er juillet 2026. blog.cloudflare.com
  5. A deeper look at AI crawlers: breaking down traffic by purpose and industry, août 2025. blog.cloudflare.com — données du 1er au 7 août 2025 ; Training ≈ 80 % ; ratios par verticale.
  6. Verified bots. developers.cloudflare.com
  7. Signed agents. blog.cloudflare.com
  8. Google's AI advantage: why crawler separation is the only path to a fair Internet, 30 janvier 2026. blog.cloudflare.com — donnée d'acteur intéressé, mais quantifie l'asymétrie : Googlebot accède à ~1,7× plus d'URL uniques que ClaudeBot, ~167× plus que PerplexityBot.
  9. From Googlebot to GPTBot: who's crawling your site in 2025, 1er juillet 2025. blog.cloudflare.com — ~38 % du top 10 000 avec un robots.txt exploitable ; 14 % visant des bots IA ; +96 % de requêtes Googlebot en glissement annuel (mesure Cloudflare, souvent mal attribuée).
  10. Crawlers, clicks and AI bots training, 29 août 2025. blog.cloudflare.com — séries crawl-to-refer janvier → juillet 2025 ; entraînement 79 %, recherche 17 %, actions 3,2 %.
  11. AI search crawl-to-refer ratio on Radar, 1er juillet 2025. blog.cloudflare.com — méthodologie, et l'avertissement sur l'absence de Referer depuis les applications natives.
  12. Bot Preference Sync, 21 août 2026. blog.cloudflare.com
  13. Content Independence Day: no AI crawl without compensation, 1er juillet 2025. blog.cloudflare.com — blocage par défaut pour les nouveaux domaines ; trafic Bytespider −71,45 % depuis juillet 2024.

Mesures tierces avec méthodologie publiée

  1. Vercel × MERJ, The rise of the AI crawler, 17 décembre 2024. vercel.com — aucun crawler IA n'exécute JS ; 34,82 % de 404 pour ChatGPT, 34,16 % pour Claude, 8,22 % pour Googlebot.
  2. Wikimedia Foundation, How crawlers impact the operations of the Wikimedia projects, 1er avril 2025. diff.wikimedia.org — 65 % du trafic coûteux en ressources pour ~35 % des pages vues ; +50 % de bande passante multimédia.
  3. Hangcheng Zhao (Rutgers) & Ron Berman (Wharton), Strategic Response of News Publishers to Generative AI, arXiv:2512.24968, version 4 du 15 avril 2026. arxiv.org — DiD échelonné, ≈ −7 % à six semaines. Le titre a changé depuis la v1 : citez la version.
  4. TollBit, State of the Bots. tollbit.com — échantillon non publié, éditeurs auto-sélectionnés. Taux de clic 0,8 % → 0,48 % → 0,27 % sur Q2-Q4 2025.
  5. HTTP Archive, Web Almanac. almanac.httparchive.org — poids et composition de la page médiane.
  6. Michael Weinberg, GLAM-E Lab, Are AI bots knocking cultural heritage offline?, 2025.
  7. LibreNews, FOSS infrastructure is under attack by AI companies. thelibre.news
  8. The Register, AI crawlers and SourceHut, 18 mars 2025. theregister.com
  9. TechCrunch, Open source devs are fighting AI crawlers with cleverness and vengeance, 27 mars 2025. techcrunch.com
  10. Robb Knight, Perplexity AI is lying about its user agent, juillet 2024. rknight.me — enquête indépendante, pas une source officielle.
  11. Sitebulb, Managing AI crawl budget. sitebulb.com
  12. Junghoo Cho & Hector Garcia-Molina, Effective Page Refresh Policies for Web Crawlers, ACM TODS 28(4):390-426, 2003. DOI 10.1145/958942.958945. — 720 000 pages, 270 sites, crawl quotidien du 17/02 au 24/06/1999. Politique proportionnelle : âge moyen 400 jours contre 5,6 jours pour l'uniforme.
  13. Christopher Olston & Marc Najork, Web Crawling, Foundations and Trends in IR 4(3):175-246, 2010. stanford.edu
  14. Grossman, Liu, Chen, Smith, Borcea, Chen, How Generative AI Disrupts Search: An Empirical Study of Google Search, Gemini, and AI Overviews, arXiv:2604.27790, accepté à SIGIR '26, DOI 10.1145/3805712.3809667. arxiv.org — 14 212 requêtes, collecte 7-8 décembre 2025, effets fixes par requête. La contradiction de la section 32. Données et code publiés.
  15. Data Provenance Initiative, Consent in Crisis: the rapid decline of the AI data commons, arXiv:2407.14933. arxiv.org — 14 000 domaines sous C4, RefinedWeb, Dolma. ~5 % des tokens, 28 % des sources critiques, 45 % de C4 restreint par CGU.
  16. Reuters Institute, How many news websites block AI crawlers?, 22 février 2024. reutersinstitute.politics.ox.ac.uk — 48 % bloquaient OpenAI fin 2023, 24 % Google-Extended.
  17. Botify, OpenAI tripled its web crawl, avril 2026. botify.com — 7 milliards d'événements de log, novembre 2024 → mars 2026.
  18. Adam Gent, Indexing Insight, The 190-day indexing rule. indexinginsight.com — 1,4 M de pages, 18 sites. Voir aussi Why pages are not indexed, 1,7 M de pages via l'API URL Inspection.
  19. Semrush, Website performance study, 2018. semrush.com — 150 000 sites tirés au hasard : 7 % avec des chaînes de redirection, 1 % de pages > 2 Mo.
  20. Ahrefs, Search traffic study. ahrefs.com — 96,55 % des pages sans trafic organique. Mesure l'absence de trafic, jamais l'indexation.
  21. Brookings, Same gatekeepers, new tollbooths in the AI content licensing market. brookings.edu

Régulateurs, droit et procédures

  1. Arcep, IA générative : des défis pour l'avenir de l'internet ouvert, janvier 2026, 104 p. arcep.fr — section 2.2.2 a), p. 47-52. « Il n'existe pas de mécanisme permettant de filtrer spécifiquement les crawlers d'IA sans entraîner des effets négatifs […] sur le référencement. » Note 109 : erreur de millésime sur le billet Cloudflare.
  2. Autorité de la concurrence, décision n° 24-D-03 du 15 mars 2024, 250 M€. autoritedelaconcurrence.fr — §171-176 et §286-288. La meilleure source de droit positif au monde sur l'arbitrage opt-out / visibilité.
  3. CMA, Publisher Conduct Requirement — Google's general search services, décision finale du 3 juin 2026, 47 p. gov.uk — §3.4 (non-contournement), §3.58 (anti-représailles), §4.22-4.26 (refus de la séparation des crawlers).
  4. Commission européenne, ouverture de procédure formelle contre Google, article 102 TFUE, 9 décembre 2025. ec.europa.eu — « without the possibility to opt out from such use without losing access to Google Search ».
  5. Directive (UE) 2019/790, article 4 — exception de fouille de textes et de données. eur-lex.europa.eu
  6. Règlement (UE) 2024/1689 (AI Act), article 53(1)(c). eur-lex.europa.eu
  7. Commission européenne, Code de bonnes pratiques GPAI, chapitre Copyright, 2025. digital-strategy.ec.europa.eu — engagement à respecter robots.txt et ses versions IETF successives.
  8. Commission européenne, consultation sur les protocoles de réserve de droits TDM, 1er décembre 2025 – 9 janvier 2026. digital-strategy.ec.europa.eu — huit solutions examinées. Résultats non publiés à ce jour.
  9. OLG Hamburg, 5 U 104/24, 10 décembre 2025, Kneschke c/ LAION — première décision d'appel européenne sur l'exception TDM. Critère d'actionnabilité machine. Analyse : Open Future.
  10. LG München I, 42 O 14139/24, 11 novembre 2025, GEMA c/ OpenAI — première instance, non définitif. Porte sur la mémorisation et la restitution, pas sur la collecte.
  11. [2025] EWHC 2863 (Ch), Getty Images c/ Stability AI, 4 novembre 2025. judiciary.uk — demandes principales abandonnées ; n'apporte quasiment rien sur la licéité de l'entraînement.
  12. Reddit c/ Perplexity et SerpApi, S.D.N.Y., juillet 2026 — rejet partiel de la motion to dismiss. Première ouverture d'un angle « contournement de mesure technique » (DMCA) contre le scraping IA.
  13. Alliance de la presse d'information générale, saisine de l'Autorité de la concurrence, 11 août 2026. alliancepresse.fr
  14. Proposition de loi Balanant sur l'effectivité des droits voisins, adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale le 26 mars 2026 — dont l'interdiction de modifier la visibilité pendant les négociations.
  15. CNIL, recommandation relative aux mesures de journalisation. cnil.fr

Praticiens, outils et méthodologie

  1. Jes Scholz, Crawl efficacy optimization, Search Engine Land. searchengineland.com — « le crawl budget est une métrique de vanité ».
  2. Barry Adams, Crawl budget et Advanced crawl optimisation for publishers. seoforgooglenews.com — seuils par taille, symptômes d'alerte, part Discovery.
  3. Aleyda Solis, 7 fundamental technical SEO questions to answer with log analysis. aleydasolis.com
  4. Screaming Frog, 22 ways to analyse log files. screamingfrog.co.uk — check-list opérationnelle directement réutilisable.
  5. Screaming Frog, Log File Analyser — user guide. screamingfrog.co.uk
  6. Oncrawl, Crawl ratio. help.oncrawl.com
  7. Oncrawl, Active pages. help.oncrawl.com
  8. Oncrawl, Orphan pages. help.oncrawl.com
  9. Botify, Log analysis sheds light on crawl errors in Google Search Console. botify.com
  10. Semrush, Log File Analyzer. semrush.com
  11. Seolyzer, Log analysis. seolyzer.io
  12. GoAccess. goaccess.io — identification des bots par user-agent seul.
  13. JetOctopus, analyse de logs en flux continu.
  14. MotherDuck, JSON log analysis with DuckDB. motherduck.com
  15. searchviu, Cloudflare for SEO and GEO. searchviu.com — « votre serveur ne voit que ce que Cloudflare a laissé passer ».
  16. 410-gone.fr, Analyse de logs. 410-gone.fr
  17. NGINX, Logging and monitoring. docs.nginx.com
  18. JC Chouinard, Useful Python SEO functions — dont le reverse DNS de vérification Googlebot. jcchouinard.com
  19. iPullRank, Log file analysis for SEO. ipullrank.com
  20. Bing Webmaster Blog, Crawl delay and the Bing crawler, août 2009, et To crawl or not to crawl, mai 2012. blogs.bing.com — sources historiques, non reconfirmées depuis.
  21. Bing, Verify Bingbot. bing.com
  22. Bing Webmaster Blog, IndexNow expands adoption across industries, décembre 2024. blogs.bing.com — 7 % (août 2022) → 12 % (sept. 2023) → 18 % (déc. 2024).
Trois sources que nous n'avons pas pu vérifier en source primaire
  • Le tableau de Cho & Garcia-Molina (source 97) provient d'une lecture rapportée du PDF, non d'une extraction directe de notre part. Le document est librement accessible pour revérification.
  • La déclaration de Gary Illyes du 31 mars 2026 (source 24) et celle du podcast du 3 février 2026 (source 109) sont des propos rapportés, non des pages de documentation.
  • Le statut du pourvoi dans l'affaire OLG Hamburg (source 68) — Revision devant le BGH, ou renvoi préjudiciel à la CJUE — n'a pas pu être établi.

Journal des versions

DateVersionModifications
1er septembre 20261.0Publication initiale. 40 sections, 112 sources. État des connaissances arrêté au 1er septembre 2026, soit dix mois après la migration de la documentation crawl de Google, et deux semaines avant l'entrée en vigueur des nouveaux défauts Cloudflare.

Points à surveiller pour les prochaines révisions

  • 15 septembre 2026 — entrée en vigueur des nouveaux défauts Cloudflare, avec la règle du comportement le plus restrictif qui peut bloquer Googlebot (section 37). Aucune étude d'impact n'existe à ce jour.
  • Une réponse de Google à l'étude SIGIR '26, ou une réplication indépendante de sa mesure. C'est le point le plus important de cette étude, et il est ouvert (section 32).
  • Une reprise de la mesure de Zhao & Berman sur la période post-AI Overviews. Le résultat de −7 % porte sur 2023-2024 ; rien n'établit qu'il tienne aujourd'hui.
  • Résultats de la consultation TDM de la Commission européenne, clôturée le 9 janvier 2026.
  • Notification éventuelle de griefs dans la procédure article 102 ouverte le 9 décembre 2025.
  • Passage de draft-ietf-aipref-vocab au statut de Proposed Standard, et premier éditeur d'IA s'engageant à lire Content-Usage.
  • Une éventuelle position officielle de Google sur IndexNow, qui n'a jamais été publiée.
Une correction à proposer ?

Deux chantiers restent ouverts et nous intéressent particulièrement : une comparaison chiffrée entre le rapport d'exploration de Search Console et les logs réels d'un même site (section 17) — nous n'en avons trouvé aucune —, et toute donnée permettant de trancher la contradiction de la section 32. Si vous avez l'une ou l'autre, écrivez-nous : la correction sera intégrée et créditée.

Vos logs disent-ils ce que vous croyez ?

Cette page décrit une méthode. L'appliquer à un site précis — vérifier qui crawle réellement, ce que ça coûte, et si vos règles de blocage font ce que vous pensez — demande de regarder vos données.

Faire auditer votre crawl
Dans la même série

Étude n°01 — Comment fonctionnent réellement les AI Overviews de Google
Le pipeline complet, de la classification d'éligibilité à l'insertion des citations. 40 sections, 103 sources.

Étude n°02 — Ce que Search Console ne vous dit pas
Règles de comptage, anonymisation, et les trois ruptures qui ont corrompu onze mois d'historique. 40 sections, 85 sources.

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